Le Frère amoureux (Lo Frate ‘nnammurato)

COMPOSITEUR Giovanni Battista PERGOLESI
LIBRETTISTE Gennaro Antonio Federico
ENREGISTREMENT EDITION DIRECTION EDITEUR NOMBRE LANGUE FICHE DETAILLEE
1969 1991 Carlo Felice Cilario Memories 2 italien
1989 1991 Riccardo Muti EMI 3 italien

DVD / Blu-ray

ENREGISTREMENT ÉDITION DIRECTION ÉDITEUR FICHE DÉTAILLÉE
1989 1998 Riccardo Muti Image Entertainment
2011 2013 Fabio Biondi Arthaus Musik

Commedia per musica, dite aussi Il Fratello innamorata, en trois actes sur un livret en napolitain de Gennaro Antonio Federico (?- 1745).
Première représentation au Teatro dei Fiorentini à Naples, le 23 septembre 1732. Distribution : G. d’Ambrosio, Giambattista Ciriaci, Girolamo Piano, Marianna Ferrante, Maria Negri, Teresa Passaglione.
Reprises en 1734 et en 1748.

Personnages : Marcaniello, vieil homme, père de Luggrezia et de Don Pietro ; Ascanio, jeune homme, épris de Nena et de Nina ; Nena, jeune fille, éprise d’Ascanio ; Nina, soeur de Nena, éprise d’Ascanio ; Luggrezia, fille de Marcaniello, éprise d’Ascanio ; Carlo, père de Nena et Nina, épris de Luggrezia ; Vannella, servante de Carlo ; Cardella, servante de Marcaniello ; Don Pietro, fils de Marcaniello

Synopsis

Acte I
L’action se déroule à Capo de Monte en 1730. Carlo (ténor) et le vieux Marcaniello (basse) ont arrangé le mariage de Don Pietro (basse), fils de Marcaniello, avec Nena (soprano), nièce de Carlo. Vannella (soprano), servante de Carlo, et Cardella (soprano), servante de Marcaniello, pérorent au sujet de leurs maîtres. Survient Pietro, qui demande à Vannella d’aller chercher Nena et Lucrezia, soeur de Don Pietro et fiancée de Carlo. Mais les jeunes filles refusent de se montrer. Nina (mezzo-soprano) et Nena, au cours d’une promenade, rencontrent leur oncle qui leur reproche de ne pas le traiter avec tout le respect auquel il a droit. Il les avertit que leurs fiancés sont arrivés et que les noces sont imminentes. Les jeunes filles accueillent la nouvelle avec peu d’enthousiasme : le fiancé de Nena, quoique jeune, est sot et vaniteux. Quant à Nina, plus infortunée encore, elle est destinée à Marcaniello. En outre, elles éprouvent toutes deux une sympathie cachée pour Ascanio (ténor), un jeune homme élevé par Marcaniello. Lucrezia a elle aussi un faible pour Ascanio et proteste auprès de son père, qui veut la marier à Carlo. Quand Ascanio, chargé par Marcaniello de la convaincre d’épouser Carlo, vient s’acquitter de cette tâche, elle lui avoue candidement son amour. Ascanio est troublé : il ne veut pas trahir son bienfaiteur et s’interroge d’autre part sur ses sentiments envers Nina et Nena. Don Pietro va chercher Nena. Rencontrant Vannella, il s’amuse à la courtiser mais se fait réprimander par Marcaniello tandis que Nena en profite pour mettre en doute le sérieux de son futur mari. De son côté, Nina ignore ostensiblement Marcaniello et feint d’être sensible au charme de Don Pietro.

Acte II
Tous les projets de mariages vont donc à vau-l’eau. Don Pietro raconte à Ascanio que Nena, rendue jalouse par Vannella, est dans tous ses états. Certaines attitudes de Nina le font d’autre part penser qu’elle s’est éprise de lui. Arrive Nena, qui s’éloigne avec Ascanio : elle lui avoue son amour et l’interroge sur ses sentiments, craignant qu il ne lui préfère sa soeur Nina. Ascanio est de plus en plus déconcerté. Les deux soeurs sont soulagées d’avoir ouvertement repoussé leurs prétendants, mais jalouses l’une de l’autre au sujet d’Ascanio, lequel, mis au pied du mur, a déclaré les aimer toutes les deux. Lucrezia, qui a tout entendu, est indignée. Furieuse, elle ferme bruyamment sa fenêtre. CarIo, qui passait, choqué par la grossièreté de sa future épouse, annonce à Marcaniello son intention de rompre ses fiançailles, si Lucrezia n’apprend pas les bonnes manières.

Acte III
Nena et Nina sont toujours amoureuses d’Ascanio. Lucrezia, désespérée, avoue à son père qu’elle aime aussi le jeune homme. Marcaniello commence par menacer de mort le fauteur de tant de troubles, puis finit par avoir pitié d’Ascanio. Pendant ce temps, Nena et Nina, de la fenêtre, se gaussent de leurs fiancés au point que Don Pietro, pour se débarrasser d’Ascanio, se jette sur lui avec son épée et le blesse légèrement au bras. Accouru à son secours, Carlo découvre sur son bras un signe semblable à celui que portait son petit neveu, enlevé à l’âge de quatre ans : Ascanio est donc le frère dc Nina et Nena. Il est enfin libre d’épouser…Lucrezia.

“C’est le deuxième opéra composé par Pergolèse, âgé seulement de vingt-deux ans. Cette oeuvre, qui met en scène des personnages populaires mais non des types, issus plutôt de la comédie que de la farce, fut très favorablement accueillie. Elle contient effectivement des passages d’un naturel charmant, d’un grand brio et d’une délicieuse fraîcheur expressive.” (Dictionnaire chronologique de l’Opéra – Le Livre de Poche)

Livret disponible sur :

http://site.operadatabase.com.site.hmt-pro.com/modules.php?name=Downloads&d_op=viewdownload&cid=198 (en français)
http://www.dicoseunpo.it/dicoseunpo/P_files/Frate_nnamorato.pdf (en dialecte napolitain)

Représentations :

Festival de Jesi – Teatro Pergolesi – 28, 30 septembre, 2 octobre 2011 – Europa Galante – dir. Fabio Biondi – décorsWilly Landin – costumes Elena Cicorella – lumières Fabrizio Gobbi – avec Nicola Alaimo (Marcaniello), Lucia Cirillo (Ascanio), Patrizia Biccirè (Nena), Jurdita Adamonyte (Nina), Barbara Di Castri (Lugrezia), David Alegret (Carlo), Laura Cherici (Vannella), Rosa Bove (Cardella), Filippo Morace (Don Pietro) – nouvelle production – révision critique de Francesco Degrada


Forum Opéra – Pas un zeste d’inceste !

“La comédie musicale à la napolitaine est apparue dans le premier quart du XVIIIe siècle en contrepoint au théâtre « noble » et sérieux subventionné par la Cour. Elle se démarque des mécanismes comiques de la farce par une attention particulière, mélange d’ironie et de tendresse, aux sentiments de personnages issus de la vie quotidienne, qu’elle tire parfois de façon parodique vers l’opera seria. Premier succès théâtral du météore Pergolesi, Lo frate ‘nnamorato appartient à ce genre nouveau dont un surgeon sera, soixante ans plus tard, un certain Cosi fan tutte.
Quoi de plus banal, en effet, que ces accordailles décidées par deux hommes nantis ? Le Romain Carlo épousera Luggrezia, fille du Napolitain Marcaniello ; en contrepartie son fils Pietro et lui-même épouseront respectivement Nena et Nina, les deux nièces de Carlo. Quoi de plus banal aussi que ces jeunes filles aient déjà chacune leur histoire d’amour ? Premier hic, elles sont éprises toutes trois du même jouvenceau, et donc deviennent rivales. Deuxième os, le garçon est le fils adoptif de Marcaniello, et donc s’interdit de considérer Luggrezia autrement que comme une sœur ; et pourtant elle l’attire, tout comme il se sent une vive inclination pour les deux sœurs Nena et Nina. Soumis aux pressions des trois amoureuses, il est en pleine confusion des sentiments. Une blessure reçue au cours d’un duel avec Carlo révélera une marque de naissance prouvant qu’il est le frère de Nena et Nina : leur attirance mutuelle n’était autre que la voix du sang. Dès lors il est libre d’épouser Luggrezia et les barbons se résignent à s’effacer, ainsi que le fils de Marcaniello, dont certains indices pourraient même laisser penser que cette conclusion a sa préférence !
On l’a vu par ce résumé, il ne se passe rien, aucun événement notable ne vient modifier la situation initiale – l’accord pris par les hommes et le refus des filles d’obtempérer – jusqu’à l’accident providentiel qui la dénoue. La tenue de l’œuvre repose donc sur l’agencement des scènes et des ressources expressives au gré des rencontres des personnages. La reconstitution réalisée* par le spécialiste de Pergolesi , Francesco Degrada, à partir des quatre copies parvenues jusqu’à nous – l’original étant disparu – permet de savourer le talent du librettiste Gennarantonio Federico, le même qui un an plus tard donnerait au musicien la géniale Serva Padrona. Il tisse habilement une trame serrée avec les affects des amoureux, tandis que les personnages étrangers à ces émois sentimentaux apportent malgré eux la note comique.
Premières en scène, les deux servantes Vannella (Laura Cherici) et Cardella (Rosa Bove) clabaudent à propos des mariages en vue. Leur ingénuité feinte comme leur cynisme annoncent la Despina à venir, et leur dispute émaillée d’injures prend tout son relief grâce au tempérament des interprètes, dotées par ailleurs de voix souples et moelleuses. Prêtes à tourner en ridicule leurs maitres elles trouvent une proie de choix en Pietro, le fils de Marcantonio, frais arrivé de Rome où il était étudiant. Willy Landin, le metteur en scène, qui a transposé l’œuvre dans les années 50 du XXe siècle, à l’âge d’or du cinéma italien, fait de Pietro un jeune gommeux qui arrive sur sa Vespa, dépourvu des manières efféminées que lui attribue le livret (et qui expliquent probablement qu’il se résigne si facilement à ne pas convoler au dénouement). Filippo Morace joue le jeu et compose un personnage de fat à peine sorti de La dolce vita, dont le discours censé démontrer sa haute culture étale sottise indécrottable et superficialité. Son père Marcaniello, podagre et grincheux, est dévolu à Nicolà Alaimo, qui donne une nouvelle preuve éclatante de son talent versatile, aussi bien bête de scène que chanteur remarquablement doté et doué. Carlo, l’autre prétendant au mariage, devrait avoir la componction d’un Romain « vieux style » ; si vocalement David Alegret est irréprochable, dans ce rôle qui ne le met pas en difficulté, pourquoi ne pas l’avoir vieilli ?
Reste le quatuor amoureux. Barbara de Castri, après un premier acte difficile, libère son mezzo profond pour incarner une Luggrezia convaincante, passionnée et touchante. Tout aussi émouvante et musicale Patrizia Biccirè tire tout le parti possible de l’air orné de Nena au début du troisième acte, merveille de lyrisme où la voix et la flûte tissent un dialogue enivrant. Quant à la Lituanienne Jurgita Adamonyte, naguère lauréate du Concours Renata Tebaldi, elle subjugue par la maitrise avec laquelle elle conduit sa voix de mezzo d’une délectable souplesse. Elena Belfiore, enfin, assume crânement le rôle travesti d’Ascanio, dont elle rend sensible et crédible le désarroi.
En cette avant-première, le réglage des éclairages n’est pas terminé, et les costumes aussi bien que le décor devraient y gagner beaucoup d’éclat. C’est le choix de situer la comédie à Naples et non à Capodimonte qui déconcerte. Sur cette placette sans caractère particulier s’élèvent des maisons banales, avec de petits balcons où Willy Landin situe souvent les personnages pour des airs, ce qui les contraint à une fixité à notre avis préjudiciable au sentiment de liberté que donnent ces moments d’exploration intime. Par ailleurs le recours à des cloisons escamotables lui permet de varier les espaces, de l’intérieur de Marcaniello à celui d’un bar ou à la terrasse de celui-ci. Et, surtout, d’un geste esquissé ou retenu il sait faire dire beaucoup aux interprètes.
Premiers intervenants et artisans émérites du succès de cette production, les musiciens d’Europa Galante et leur chef le grand Fabio Biondi. Leur Pergolesi, on s’en doute, est au plus près des intentions du compositeur. Soutenant infailliblement les chanteurs alors même qu’il dirige en jouant du violon, l’interprétation du chef recrée comme une évidence le dosage si délicat entre verve et sensibilité qui constitue l’être musical de la comédie musicale napolitaine Si l’on ajoute à ce sentiment d’assister à une renaissance le charme de la composition et de l’orchestration de Pergolesi, on se trouve toutes les raisons d’avoir fait le voyage et l’on se réjouit que ce spectacle, donné en ouverture de la saison au Théatre Pergolesi de Jesi, soit enregistré.”

Opéra Magazine – décembre 2011

“Créé au Teatro dei Fiorentini de Naples, le 27 septembre 1732, huit mois après La Salustia, Lo Frate ‘nnamorato est un bijou qui, si l’on en croit les chroniques de l’époque, remporta un beau succès. Dans les temps modernes, tout le monde garde en-mémoire le spectacle de Roberto De Simonè à Milan, en 1989, dont un écho fut publié en CD sous étiquette EMI Classics/ Ricordi. À la tête de l’Orchestra del Teatro alla Scala, Riccardo Muti dirigeait l’édition critique de Francesco Degrada, que Jesi a choisi de reprendre cette année.
Il est probable que, grâce aux instruments d’époque d’Europa Galante, les spectateurs ont pu, cette fois, se faire une meilleure idée de la manière dont cette musique devait sonner au XVIIIe siècle. Les vingt musiciens réunis sous la conduite experte de Fabio Biondi, dirigeant archet en main, ont offert une exécution de bout en bout impeccable, avec une rare fluidité dans l’accompagnement.
Sur une intrigue compliquée, les deux premiers actes sont plutôt statiques, tournant autour de l’évocation des sentiments, des caractères, des réactions de personnages dont l’humanité est remarquablement mise en relief. Au troisième, le rythme s’accélère jusqu’au dénouement heureux. L’inspiration musicale n’est pas toujours à son maximum, et certains airs sont écrits de façon plutôt conventionnelle. Mais les perles ne manquent pas, à commencer par la splendide aria de Nena, au début du III (« Va solcando il mar d’amore»), avec son solo de flûte, qu’il est impossible de ne pas mettre en parallèle avec la future «Folie» de Lucia di Lammermoor.
On est également surpris par la virtuosité avec laquelle Pergolesi dessine ses personnages, en particulier le buffo Marcaniello, campé de manière superlative par Nicola Alaimo, le fanfaron Don Pietro, très bien chanté par Filippo Morace, et la pétillante femme de chambre Vannella, confiée à l’efficace Laura Chcrici. La Nena de Patrizia Biccirè est satisfaisante, malgré une émission parfois un peu gutturale, un reproche que l’on adressera également à la Cardella de Rosa Bove. Barbara Di Castri est correcte en Luggrezia, et Jurgita Adamonyte convainc en Nina. Elena Belfiore se montre à l’aise sous le travesti d’Ascanio, David Alegret incarnant un Carlo acceptable.
Le spectacle imaginé par le jeune Argentin Willy Landin est une totale réussite. Traditionnel dans son évocation des ruelles de Naples, il ajoute une touche de modernité en transposant l’action dans l’après-Seconde Guerre mondiale Don Pietro arrivant en Vespa !. Même dans les moments les plus statiques, la mise en scène parvient à arracher un sourire ou une larme au spectateur. Un succès amplement mérité.”

Festival de Jesi – Teatro Pergolesi – 3, 5 septembre 2010 – Accademia Bizantina – dir. Ottavio Dantone – mise en scène Willy Landin – costumes Silvia Aymonino – avec Vito Priante (Marcaniello), Marina Comparato (Ascanio), Patrizia Biccirè (Nena), Marianna Pizzolato (Nina), Josè Maria Lo Monaco (Lugrezia), Roger Padullés (Carlo), Laura Cherici (Vannella), Lucia Cirillo (Cardella), Filippo Morace (Don Pietro) – nouvelle production

 

Abbaye de Royaumont – octobre 1991 – dir. Roy Goodman – avec Mauro Buda (basse), François-Nicolas Geslot (ténor), Claire Brua (mezo-soprano)

 

Milan – Teatro alla Scala – 13, 14, 16, 17, 19 et 20 avril 1990 – dir. Riccardo Muti – mise en scène Hulle – Roberto de Simone – avec Cecilia Gasdia/Laurenza, Elisabeth Norberg-Schulz/Mazzola, Amelia Felle/Bizzi, Bernadette Manca di Nissa, De Simone/Piccoli, Alessandro Corbelli/Antonucci, Luciana D’Intino, Ezio Di Cesare/Lazzaretti

 

Milan – Teatro alla Scala – 22, 24, 28 décembre 1989, 4, 6, 9, 11, 14 janvier 1990 – reprise 13, 14, 16, 17, 19 et 20 avril 1991 – dir. Riccardo Muti – mise en scène Roberto De Simone – décors Mauro Carosi – costumes Odette Nicoletti – avec Alessandro Corbelli, Nuccia Focile, Amelia Felle, Bernadette Manca di Nissa, Luciana D’Intino, Ezio Di Cesare – révision du musicologue Francesco Da Grada, à partir de quatre copies (manuscrit original perdu).

Lo Frate 'nnamorato à Milan
“A l’aide d’un décor unique et pivotant, De Simone recrée toute la poésie et l’élégance du settecento napolitain avec des images inspirées des plus belles porcelaines de Capodimonte…Riccardo Muti, soucieux d’authenticité, se plie à toutes les exigences du genre. Son équipe, en tous points exceptionnelle, l’a parfaitement suivi dans sa relecture. Alessandro Corbelli, incomparable Marcaniello, est un acteur irrésistible, doublé d’un chanteur attentif. Nuccia Focile, tendre et nostalgique Ascanio, possède une bien jolie couleur de voix. Seul Ezio Di Cesare, Carlo à l’émission percutante, semble par moment perdu dans cette esthétique vocale. Une réussite mémorable.”

Milan – Piccola Scala – 1960 – dir. Nino Sanzogno – mise en scène, décors et costumes Franco Zefirelli – avec Paolo Montarsolo, Fiorenza Cossotto

 

Enghien – 1959 – dir. Rivoli – avec Zanolli, Gavioli, Borgonovo

 

Spolète – Festival des Deux Mondes – 1958 – dir. Ennio Gerelli – mise en scène Franco Zeffirelli – décors et costumes Pier Luigi Pizzi

 

Milan – RAI – 1954 – en napolitain

 

Lisbonne – Teatro San Carlos – 1950

 

Turin – Teatro Regio – 1936/37 – en italien