Li Zite Ngaleria (Les Fiancés en Galère)

Li Zite n'galera

COMPOSITEUR Leonardo VINCI
LIBRETTISTE Bernardo Saddumene
DATE DIRECTION EDITEUR NOMBRE LANGUE DISPONIBLE FICHE DETAILLEE
1999 Antonio Florio Opus 111 2 italien oui

 

Commedia per musica en trois actes, sur un livret en dialecte naapolitain de Bernardo Saddumene, créée à Naples, au Teatro dei Fiorentini, le 3 janvier 1722, avec Rosa Cirillo, soprano (Ciomma), Ippolita Costa, soprano (Belluccia/Peppariello), Giacomina Ferrari, soprano (Carlo), Laura Monti, soprano (schiava), Filippo Calandra, castrat alto (Titta), Simone de Farco, ténor (Meneca), Giovanni Romaniello, basse (Rapisto).

 

Personnages : Ciomma (soprano), Federico Mariani, capitaine de galère, père de Belluccia (basse), Belluccia, fiancée à Carlo (soprano), Ciccariello, aide barbier (soprano), Carlo, fiancé de Belluccia, amoureux de Ciomma (soprano), Titta, fils de Meneca, amoureux de Ciomma (contralto), Rapisto, valet de Meneca (basse), Meneca, vieille (ténor), Col’Agnolo, maître barbier, Assam, esclave turc de Federico.

 

Argument

L’action se déroule à Vietri, sur la côte napolitaine, dans la boutique du barbier Col’Agnolo et dans son voisinage. Carlo revient de voyage pour découvrir que sa fiancée Belluccia s’est envolée. En fait, celle-ci est partie, déguisée en homme (Peppariello), à la recherche de son bien-aimé.

Sous ce déguisement, elle a attiré l’attention de la beauté locale, l’effrontée Ciomma. Celle-ci est elle-même courtisée par le vieux barbier vaniteux Col’Agnolo, mais aussi par Carlo et par Titta, fils de Meneca, vieille femme stupide (rôle travesti) qui tombe, elle aussi, amoureuse de Bellucia/Peppariello.

À la fin, tout s’arrange avec l’arrivée d’une galère dont le capitaine, Frederico, est le père de Belluccia.

 

“Li zite ‘ngalera est une commedia per musica, sorte de mélange entre l’opera seria et la commedia dell’arte. Le livret ressortit au genre de la comédie d’équivoque, avec ses ambiguïtés sexuelles – les travestissements sont fréquents -, langagières – les sous-entendus et les doubles sens pullulent – , et dramaturgiques – le fameux théâtre dans le théâtre que complexifie une multiplication de déguisements. L’intrigue, extrêmement touffue, est trop complexe pour être ne serait-ce que résumée”…”A la parole vive, musique tout aussi alerte. Le rythme dramatique est élevé, les récitatifs est enlevé, les récitatifs se nourrissent de quasi-parlando aussi spontané que précis”…”En son genre, cet ouvrage est impeccable.” (Opéra International – novembre 1999)

 

Opéra Comédie de Montpellier – Festival de Radio France et Montpellier – 24 juillet 2001 – version de concert – Cappella de’ Turchini – dir. Antonio Florio – avec Maria Ercolano (Carlo Celmino), Emanuela Galli (Belluccia Mariano), Roberta Invernizzi (Ciommetella Palummo), Giuseppe de Vittorio (Meneca Vernillo), Daniela del Monaco (Titta Castagna), Rosario Totaro (Col’Agnolo), Roberta Andalò (Ciccariello), Giuseppe Naviglio (Rapisto, Assan), Pietro Naviglio (Capitano di galera)

“Une galère exquiseDe la savoureuse cuisine napolitaine qui mélange joyeusement commedia dell’arte, opéra-bouffe et théâtre à intrigues filandreuses.

Si l’intermède La Serva padrona de Pergolesi est passé à la postérité comme l’envol du style buffa, en raison de son immense triomphe, il n’en fut pas, loin s’en faut, le créateur. Leonardo Vinci, qui fut avec Durante un maître de Pergolesi, offrait dix ans auparavant à sa ville de Naples cette comédie, Li Zite n’galera, la seule de ses dix en dialecte napolitain qui ait survécu ; et couronnée d’un retentissant succès. Neuf chanteurs-acteurs pour dix-sept instrumentistes, en tout et pour tout, ont à défendre durant près de trois heures l’essence même de la commedia : l’équivoque. Résumer l’intrigue est un exercice vain, le but de ce type de pièce étant moins l’action elle-même que sa conduite. On y trouve tous les éléments nécessaires au comique de situation, avec un écheveau de confusions amoureuses compliquées à plaisir de rebondissements et querelles. Saddumene, le librettiste, ne se prive pas du sel des travestissements croisés (femme déguisée en homme et inversement), à quoi Vinci rajoute le piment des ambiguïtés vocales (rôle masculin chanté par une femme, et surtout la réciproque : irrésistible dérivée d’Arnalta nymphomane, tenue par Giuseppe “Pino”de Vittorio). Lorsque les deux duplicités se superposent (Roberta Andalò, manière de serviteur un moment revêtu de féminins oripeaux), on réalise que Mozart et Strauss n’ont rien inventé. Encore une pincée de théâtre dans le théâtre (déjà !), une impayable turquerie (l’arrivée d’Hassan, la danse ottomane), un langage souvent vert et à double sens, ainsi qu’une découpe des scènes ultra-rapide : et l’on obtient le parangon de l’ouvrage composite qui fond des langages connus en un alliage neuf.

Les notes au diapason de l’action – Encore faut-il que l’autre langage, celui des notes, rivalise de brio. On n’est guère déçu. Quand l’action fuse de toutes parts, la musique jaillit de même. Si la formule rhétorique dominante est l’aria da capo (air chanté deux fois) que Vinci contribua a formaliser dans ses opere serie, on est loin, très loin, de sa monotone continuité. Chacun des trois actes est couronné d’un finale polyphonique, court mais travaillé à l’extrême. Entre eux, le compositeur se plaît à essayer toutes les formules qui courent sous sa plume, c’est-à-dire les meilleures : interludes orchestraux, ariosos, récitatifs accompagnés, duos ; et un étonnant et très long trio de réconciliation (vers la fin de l’acte II) qui oscille sans fin entre l’anxiété et la tendresse, même Haendel n’a pas fait mieux. La simplicité cellulaire des airs (qui ne rime en rien avec indigence) permet un épanchement mélodique constamment renouvelé, que Antonio Florio ordonne et contraste avec un petit effectif (trois vents seulement) toujours spirituel, velouté et caressant. Magnifique accompagnement des scènes (clavecin, archiluth, théorbe, violoncelle), d’une sobre mais inusable variété. Si tous les instrumentistes méritent plus qu’un satisfecit, on se régale de surcroît d’une splendide équipe de chanteurs, musiciens accomplis autant que comédiens chevronnés. Seule Maria Ercolano, dans la peau du primo uomo, refroidit quelque peu avec ses aigus frêles et instables. Tous les autres sont à louer sans réserve avec mention spéciale au baryton de Giuseppe Naviglio, deux personnages à lui seul. Ne dépare pas la mise en espace de Christophe Galland, à l’image du reste : légère, efficace, caustique. Bref, des galères comme celle-ci, on en redemande.” (Altamusica)

Ferrare – Teatro Communale – 4, 5 mars 2000 – dir. Antonio Florio – avec avec Maria Ercolano (Carlo Celmino), Emanuela Galli (Belluccia Mariano), Roberta Invernizzi (Ciommetella Palummo), Giuseppe de Vittorio (Meneca Vernillo), Daniela del Monaco (Titta Castagna), Rosario Totaro (Col’Agnolo), Roberta Andalò (Ciccariello), Giuseppe Naviglio (Rapisto, Assan), Pietro Naviglio (Capitano di galera)

Cité de la Musique – 18 février 1999 – version de concert – dir. Antonio Florio – avec Emanuela Galli (Belluccia Mariano), Roberta Invernizzi (Ciommetella Palummo), Giuseppe de Vittorio (Meneca Vernillo), Daniela del Monaco (Titta Castagna), Giuseppe Naviglio (Rapisto, Assan)

“La musique est un vrai régal. Parmi ses saveurs, signalons un kaléidoscope de formes musicales, une succession de passages où la vivace écriture vocale alterne quasi-parlando populaire et arie du plus rêveur bel canto, ainsi qu’une dizaine de rôles, dont une bonne part donne lieu à travestissement”. (Opéra International – avril 1999)

Maggio Musicale Fiorentino – Teatro La Pergola – Florence – 1979 – mise en scène, décors Roberto De Simone