Athalie

COMPOSITEUR Jean-Baptiste MOREAU
LIBRETTISTE Jean Racine
DATE DIRECTION ÉDITEUR NOMBRE LANGUE FICHE DÉTAILLEÉ
2001 Hugo Reyne Calliope 1 français

Tragédie biblique en cinq actes de Jean Racine, Athalie fut jouée pour la première fois à Saint-Cyr (*), en présence du roi et du Grand Dauphin, le 5 janvier 1691. Il s’agissait de “représentations privées” sans décors, ni costumes, les pensionnaires de Saint-Cyr portant leur strict uniforme noir.

(*) et non pas, selon certaines sources, à Versailles, dans la chambre de Madame de Maintenon. En effet, on relève dans le Journal de Dangeau :

Vendredi 5, à Versailles. Le roi et Monseigneur allèrent l’après-dînée à Saint-Cyr, où il y eut une répétition d’Athalie avec la musique. Au retour, le roi alla chez madame de Maintenon à son ordinaire, et Monseigneur alla jouer chez madame la Duchesse.

Une autre répétition eut lieu le 8 février, à laquelle madame de Maintenon mena fort peu de dames, et le 22 février, en présence du roi et de la reine d’Angleterre.

Une reprise eut lieu à la Cour en 1702, trois ans après la mort de Racine, avec les choeurs de Jean-Baptiste Moreau., à l’occasion des fêtes organisées pour le jeune duchesse de Bourgogne. Celle-ci tenait le rôle de Josabeth, le duc d’Orléans celui d’Abner, la présidente de Chailly celui d’Athalie, le comte de l’Esparre celui de Joas, et M. de Champeron celui de Zacharie.

La première représentation publique n’intervint que sous la Régence, le 3 mars 1716, avec un succès qui la fit reprendre vingt-neuf fois de 1716 à 1718.

Après le succès d’Esther (première représentation le 26 janvier 1689, le roi avait commandé une seconde tragédie sacrée à Racine pour les demoiselles de Saint-Cyr. Mais Madame de Maintenon influencée par le curé de Versailles et l’évêque de Chartres, inquiète de la dérive observée pour Esther, fit son possible pour faire échouer la seconde tragédie.

C’est la dernière pièce de Racine, qui a tiré sa matière du Livre des Rois : l’auteur y crée une atmosphère biblique par des songes, des prophéties et des miracles, et y raconte l’histoire de la reine de Judée Athalie, impie, idolâtre et meurtrière. Cette pièce bouleversante et grandiose se rapproche du théâtre grec ancien : son action continue est coupée seulement par quelques chœurs magnifiques, mis en musique par Jean-Baptiste Moreau.

Ceux-ci interviennent :

à la fin du premier acte : la prière des jeunes filles est une affirmation de fidélité et de confiante certitude en la puissance divine (Tout l’univers est plein de sa magnificence…) ; à la fin du deuxième acte : le choeur s’interroge sur l’identité de l’enfant et lance ses malédictions sur les idolâtres (Quel astre à nos yeux vient de luire ?) ; au cours de la scène 7 de l’acte III : le choeur intervient “au son de toute la symphonie des instruments” ; la fin du troisième acte : le choeur, avec à sa tête Salomith, soeur de Zacharie, s’inquiète des prédictions de Joad et de son appel à la guerre (Que de craintes, mes soeurs, que de troubles mortels !) ; à la fin du quatrième acte : le choeur appelle au combat pour défendre le roi Joas contre l’armée d’Athalie (Partez, enfants d’Aaron, partez !)

 

Tra. de Racine. Ce sujet est tiré du 4e Livre des Rois. La piece fut faite pour les Demoiselles de Saint-Cyr, lesquelles en donnerent diverses représentations en 1691 en présence du feu Roi, avec tous les ornemens & les chœurs, qui furent mis en musique par Moreau, qui avoit pareillement fait ceux d’ESTHER. Elle fut depuis jouée à Versailles en 1702 : Madame de Bourgogne y représenta le rôle de Jézabel, & c. Cette Tra. que quelques uns prétendent être le chef-d’œuvre de l’Auteur, n’a paru sur le Théatre Fran. que le 3 Mars 1716. Les Comédiens en ont retranché tout le chant & la plus grande partie des chœurs, le reste ayant été mis en action. En 1756 les Demoiselles de Saint-Cyr représenterent cette piece, avec les Intermèdes, dont la musique fut refaite a neuf, par Clerambault, Organiste de cette maison. Elle se trouve dans le second vol. des OEuv. de Racine. (de Léris – Dictionnaire des Théâtres)

 

Texte et partition : Anne Piéjus – Tragédies tirées de l’Écriture sainte. vol. 2 : Athalie, tragédie de Jean Racine, intermèdes musicaux de Jean-Baptiste Moreau, Paris, Société française de Musicologie, 2005.

 

Représentations :

Eglise d’Arques-la-Bataille – 31 août 2006 – Compagnie les Philomathes – mise en scène Alexandra Rubner