La Fiera di Farfa (La Foire de Farfa)

COMPOSITEUR Marco MARAZZOLI
LIBRETTISTE
ENREGISTREMENT ÉDITION DIRECTION ÉDITEUR NOMBRE LANGUE FICHE DÉTAILLÉE
2010 Vincent Dumestre Alpha 1 italien

 


Intermezzo pour Chi soffre speri de Virgilio Mazzocchi, représenté au Palais Barberini, durant le Carnaval de 1639.
Première oeuvre marquante de Marazzoli pour le théâtre, il inclut une scène réaliste de foire dans laquelle Marazzoli introduisit des cris de rue, des chansons populaires et des danses.

Représentations

Opéra de Rouen – 31 mars 2010 – Le Poème Harmonique – dir. Vincent Dumestre – avec Claire Lefilliâtre, Catherine Padaud, Damien Guillon, Jean-François Lombard, Jan Van Elsacker, Serge Goubioud, Marc Mauillon, André Morsch, Benoît Arnould

Opéra Comique – 25 février 2010 – Le Poème Harmonique – dir. Vincent Dumestre

Carnets sur sol

“La Fiera di Farfa (La Foire de Farfa) de Marco Marazzoli, comme indiqué plus haut, n’est pas à proprement parler un théâtre de foire, même s’il en utilise quelques expédients (mimes, bruits non conventionnels, parodies d’opéra…). Il s’agit simplement d’un intermède comique (intermezzo buffo, destiné à être joué entre deux actes d’un drame sérieux) qui mime l’atmosphère d’une foire, ce qui diminue sa portée historique, mais constitue tout de même un vrai document qu’on ne pouvait que se réjouir de découvrir pour la première fois.
Le problème principal était que, le spectacle n’étant pas surtitré (un non-sens, plus encore que pour le lied), il fallait absolument lire le texte avant – ce que j’ai eu la clairvoyance de faire à la lumière des issues de secours pendant le précipité de quelques minutes à la fin du Monteverdi… Par ailleurs, tous les programmes ne comprenaient pas ce texte. Même en opérant ces acrobaties, quelques rudiments d’italien étaient utiles pour suivre ensuite le déroulement des réjouissances.
Le texte en lui-même est de la dernière platitude, avec sa galerie de personnage pittoresques très convenus, qui vendent escarpins ou élixirs avec force bavardages. Les chanteurs nous gratifient de bruits de basse-cour assez bienvenus pour animer une musique indigente à l’extrême – du récitatif non modulant (pas de changement de couleur), assez plat. Les quelques ritournelles et les pièces de ballet sont en revanche bien belles, et incitent et à la mémorisation ou invitent à la danse.
Le grand moment réside en réalité dans la parodie du Combattimento de Monteverdi, publié l’année précédente, en 1638, avec le reste du Huitième Livre de “madrigaux” (même si ce n’en est, de fait, plus du tout…). Le texte du Tasse, à peine retouché par Monteverdi, n’est que très peu modifié par Marazzoli, qui introduit seulement le nom d’un personnage bouffon et ajoute quelques objets prosaïques au milieu des épées épiques. Le tout début de la citation, qui reprend le grand moment de sillabando (débit italien très rapide, souvent sur les mêmes notes ou très conjointement) est très identifiable. Par la suite, le texte continue à décrire le moment où les amants guerriers sont sur le point de s’entre-tuer, tandis que le chanteur entonne une chaconne typique de ce premier XVIIe, comme on en trouve chez Tarquinio Merula ou Luigi Rossi – on pense un peu à la Passacaglia della vita anonyme. Une basse obstinée entraînante, avec une ritournelle (pas très variée à chaque reprise, ici), qui entame un mouvement de danse. Sur le texte du carnage de Clorinde, c’est assez surprenant et divertissant. Schubert ne fera pas mieux.
Bref, beaucoup de bavardages (au sens le plus strict…), mais aussi quelques moments vraiment plaisants, surtout dans le dernier quart (ritournelle, parodie avec chaconne, choeur final).”

Opéra de Rouen – 9 octobre 2009 – Théâtre Musical de Besançon – 19 octobre 2009 – Le Poème Harmonique – dir. Vincent Dumestre – avec Claire Lefilliâtre (soprano), Isabelle Druet (mezzo-soprano), Jean-François Lombard (alto), Serge Goubioud (ténor), Jan van Elsacker (ténor ), Hugues Primard (ténor), Benoît Arnould (basse )