La Schiava liberata

COMPOSITEUR Niccolo JOMMELLI
LIBRETTISTE Gaetano Martinelli

 
Dramma serio-comico, sur un livret en trois actes, représenté à Ludwigsburg en 1768.

Reprise à Lisbonne, dans une version révisée, en 1770.

 

Personnages : Soliman, Bey d’Alger (ténor), Selim, son fils (mezzo-soprano), Dorimene, fille d’uin noble Espagnol (mezzo-soprano), Giulietta, sa servante (soprano), Albumazar, souverain de Cicassian (basse), Elmira, sa fille (soprano), Don Garcia, fiancé de Dorimene (ténor), Pallotino, son serviteur (ténor)

 

Représentations :

 Berkeley – Il Complesso Barocco – dir. Alan Curtis

San Carlo de Naples – 1984 – Il Complesso Barocco – dir. Alan Curtis – mise en scène De Simone – avec Gloria Banditelli (mezzo-soprano), Max-René Cosotti (ténor), Daniela Dessy (soprano), Simone Alaimo (baryton-basse), Benedetta Pecchioli (mezzo), Patrizia Dordi, Jeffrey Gall (contre-ténor), Mario Bolognesi (ténor)

La Schiava liberata à Naples

“Écrit pour le castrat Aprile, le rôle difficile de Selim est trop lourd pour la Banditelli, et les lauriers vocaux de la soirée sont allés à Daniela Dessy, soprano au timbre riche et à la technique sûre, à Benedetta Pecchioli, mezzo au timbre très doux, au ténor mario Bolognesi, à la voix moelleuse et agréable, à Jeffery Gall.”(Opéra International – septembre 1984)

 

Amsterdam – 3 octobre 1982 – Netherlands Opera Company – dir. Alan Curtis – mise en scène Rhoda Levine – décors Filippo Sanjust – avec Sandra Browne, mezzo (Selim), Patrizia Rozario (Giuletta), Rachel Ann Morgan (Dorimene), Goedhardt, Martyn Hill, ténor (Pallottino), Willard White, basse (Albumazar), Andrew Dalton (Don Garzia)

Rachel Ann Morgan en Dorimene

“Retour en force de Niccolo Jommelli – Avec la première reprise de la Schiava liberata depuis le XVIIIe siècle, Alan Curtis remet enfin en lumière l’un des plus grands musiciens de l’histoire du théâtre lyrique.

La Schiava liberata, dernier opéra conçu par Jommelli pour la cour de Wurtemberg, en 1768…Le livret, infiniment plus original et plus construit que celui de l’Enlevement au Sérail, est d’une habileté diabolique et nous conduit à travers différentes situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres, soulignées par des airs à la construction harmonique aussi savante que variée. Mais c’est probablement au deuxième acte que l’originalité de Jommelli prend toute sa dimension, grâce à une adroite caricature de l’opéra classique français qui donne lieu à une scène assez longue mais absolument hilarante d’un point de vue scénique, et époustouflante sur le plan musical. Rappelons en effet que Jommelli participa activement à la Querelle des Bouffons aux côtés de Pergolèse, en 1753.

Le problème des deux castrats a été résolu par l’utilisation du mezzo Sandra Browne (Sélim), qui se joue avec aisance de certaines pages redoutables, et d’Andrew Dalton (Don Garzia), qui évoque non sans problème un castrat sopraniste. A leurs côtés, Willard White a été tout à fait crédible dans la tessiture de basse bouffe d’Albumazar, et Martyn Hill dans celle de ténor giocoso de Pallottino. Patricia Rozario fut une Giulietta exquise et piquante, véritable soubrette de l’opéra napolitain, et Rachel Ann Morgan une Dorimène fière et digne, malgré une voix parfois très limitée dans le volume et dans l’extension.

La mise en scène de Rhoda Levine a eu l’immense mérite de respecter la double com-posante de l’opéra serio et comico, donnant aux chanteurs la cohésion et l’esprit d’une véritable équipe. Les costumes et les décors, simples et sans prétention, de Filippo Sanjust, soulignaient encore l’extraordinaire vivacité d’un livret qui, à lui tout seul, est un chef d’œuvre de goût, bien supérieur à ceux de son temps, à commencer par ceux mis en musique par Joseph Haydn. A la tête de son Complesso Barocco, Alan Curtis a démontré à quel point il connaît ce répertoire qu’il sert avec ferveur, amour et dévotion.” (Opéra International – décembre 1982)