Ballet de Monsieur ou Ballet des Dandins

COMPOSITEUR Antoine BOËSSET
LIBRETTISTE Tristan l’Hermite

 


Ballet dansé en 1626 à la cour de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, dit Monsieur. Il venait d’avoir dix-huit ans.
Cinq airs de Boësset sur des textes de Tristan l’Hermite :

  • récit pour le curé de Mosle : Le Pasteur de Mosle asseure Qu’on le traite en dissolu ;
  • récit pour les Filoux : Serrez tost vostre bagage, Des volleurs peu retenus ;
  • récit pour les Dandins : Voyci venir quatre Dandins Qui ne sont pas des plus badins ;
  • récit pour les Espagnols : Bien que nous ayons changé nos pas En des démarches Espagnoles ;
  • récit de la Perronnelle : Beautez toutes pleins de charmes, Ne craignés vous point les Gendarmes ? ;

tous inclus dans les recueils d’Airs de cour à 4 & 5 parties (Ballard, 1626), d’Airs de cour avec la tablature de luth d’Antoine Boesset (Ballard, 1626), d’Airs de cour à 4 & 5 parties (Ballard, 1689)
Le terme “dandin” était utilisé pour désigner un grand sot qui n’a point de contenance ferme, qui a des mouvements des peids et des mains déshonnestes.

 
Aucune musique instrumentale n’a été conservée.
Parmi les danseurs : M. de Baronnat tenait le rôle du curé de Mosle, M. de Boisroque celui de la filleule. Gaston d’Orléans tint plusieurs petits rôles : un filou, une coquette.

 

 

Récit pour les Dandins
Voici venir quatre Dandins, Qui ne sont pas des plus badins, Des enfans de Jean de Nivelle ; Ils sont d’assez bon entretien, Et ne font pas comme leur chien, Qui s’enfuit quand on l’appelle.
Depuis le temps qu’ils sont au jour, Ils suivent les jeux et l’amour ; Mais lorsqu’ils y prennent querelle, Ils en sortent toujours fort bien, Et ne font pas comme leur chien, Qui s’enfuit quand on l’appelle.

 
Récit pour les Filoux
Serrez tost vostre bagage ; Des voleurs peu retenus Dépouillent les gens tout nus De tout sexe et de tout âge ; Prenez, prenez garde à vous, Voici venir des filoux.
Ils fouillent chaque personne Et prennent tout ce qu’elle a ; Gardez-vous bien de cela, C’est l’avis que je vous donne ; Prenez, prenez garde à vous, Voici venir des filoux.

 
Récit pour le curé de Mosle
Le pasteur de Mosle asseure Qu’on le traite en dissolu Pour jeter un dévolu Dessus sa petite cure ; Mais que pour sa fillole, en saine vérité, Il n’a que des ardeurs pleines de charité.
Puisque de cet artifice Il découvre les secrets, Je crois qu’il n’est pas si près De perdre son bénéfice Que de voir enlever l’innocente beauté, Pour qui son cœur dévot brusle de charité.

 
Récit de la Perronnelle
Beauté, toutes pleines de charmes, Ne craignez-vous point les gendarmes ? Ils vont faire un ravissement : C’est de la Perronnelle ; Nommez-vous promtement, De peur qu’une de vous ne soit prise pour elle.
Le meurtre leur est ordinaire, Estant d’une humeur sanguinaire ; Ils lui feront bien du tourment. S’ils cherchent donc la belle, Nommez-vous promptement, De peur qu’une de vous ne soit prise pour elle.

 
Récit pour les Espagnols
Bien que nous ayons changé nos pas En des démarches espagnoles, Des Castillans pourtant nous n’avons pas Les humeurs, ni les paroles ; Et ceux qui comme nous sont vaillans et courtois Ne sçauroient estre que François.
Sous cet habit chez eux emprunté, Chacun nous peut bien reconnoistre : Car nous gardons toujours la liberté Du climat qui nous vit naistre ; Et ceux qui comme nous sont vaillans et courtois Ne sçauroient estre que François.
Nos nations n’ont rien d’approchant ; En leur quartier le jour s’acheve : Lorsqu’ils ont leur soleil toujours couchant, Le nostre encore se leve ; Et ceux qui comme nous vivent dessous ses loix Ne sçauroient estre que François.

 

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