Bellerofonte

Bellerofonte - décor de Giacomo Torelli

COMPOSITEUR Francesco SACRATI
LIBRETTISTE Vincenzo Nolfi

 

Drama musicale, sur un livret en un prologue et trois actes, de Vincenzo Nolfi, originaire de Fano, près de Pesaro, sur un argument tiré d’Homère et d’Apollodore.

Il fut représenté au Teatro Novissimo, à Venise, durant le Carnaval de 1642, avec des décors (huit) de Domenico Bruni, originaire de Brescia, et des machines (sept) de Giacomo Torelli : descente des dieux, Venise sortant des eaux, Eole lâchant ses vents, Bellerofonte chargeant la chimère sur Pégase.

Les représentations furent précédées d’une abondante publicité. Le succès fut au rendez-vous : douze représentations furent données en deux semaines, la foule se pressant aux portes du théâtre. Exceptionnellement, elles reprirent après Pâques.

L’ouvrage fut repris par plusieurs théâtres italiens, ainsi à Plaisance, par l’Accademici Febiarmonici, en 1644, sans nque le nom de Strozzi soit mentionné dans l’édition du livret ; à Florence, en 1645 ; à Bologne, par l’Accademici Discordati, et Gênes, en 1647 ; à Reggio Emilia et Turin en 1648 ; à Naples et Milan en 1652.

Les décors de Giacomo Torelli furent gravés par Giovanni Giorgi.   

 

Personnages : Innocenza, Astrea, Nettuno (Prologue) ; Ariobate, Paristide, Anthia, Delfiride, Melistea, Minocle, Bellerofonte, Archimene, Eurite, Diana, Minerva, Venere, Amore, Anterote, Eolo, Anfitea, Choro de Sacerdoti di Giove.

Le livret est dédié Al Molto Illust. e Molto Rever. D. Francesco Maria Gigante.
Synopsis

Prologue – Acte I

Bellerofonte - décor pour le PrologueBellerofonte - décor pour le Prologue

L’œuvre s’ouvre sur un hymne à la louange de Venise émergeant des flots, avec la place San Marco, assimilée au port de Patera où Ariobate, roi de Lycia, attend sa fille Anthia, reine d’Argo, et d’Effira, que son défunt mari avait conquis sur Glauco. La Justice descend des cieux dans un nuage alors que Neptune arrive par mer sur un chariot en forme de coquille traînée par les chevaux marins. Seul Bellerofonte, fils du roi Glauco avait réchappé, sauvé par Minocle, soldat d’Argo qui l’avait élevé comme son fils.

Bellerofonte - décor pour l'acte I - sc. 4 à 10 - Une cour du palais royal

Mais Anthia s’est enflammée d’amour pour Bellerofonte qui la rejette, suscitant ainsi sa haine et son désir de vengeance meurtrier, alors que Bellerofonte va de victoire en victoire. Anthia persuade son père d’exposer Bellerofonte en l’envoyant combattre la Chimère, Archimène, une autre fille d’Ariobate, amoureuse elle aussi du jeune héros. Le vent Eole dans sa caverne va assister Bellerofonte dans la lutte.

Acte II

Bellerofonte arrive, monté sur Pégase ailé, dans l’île de la Chimère (Isola desabilita) qu’il va combattre victorieusement, alors que Minerve apparaît sur son chariot tiré par des colombes, et portant Amore, dissimulé ; flottant au milieu des nuages, on aperçoit le palais de Minerve.

Bellerofonte - décor pour l'acte II - sc. 3 - le palais de Minerve

L’action passe dans un jardin royal où Anthia, assaillie par Amore, change d’état d’esprit envers Bellerofonte. Ariobate annonce son désir de le donner pour époux à Archimène. Ils découvrent leur mutuelle attirance. Mais des raisons de naissance se dressent, semblant proscrire cette alliance. Bellerofonte révèle sa naissance royale à Melistea, autre jeune femme éprise de lui. Le jardin se transforme en un temple où Bellerofonte offre aux dieux la tête de la chimère, et reçoit les remerciements royaux.

Acte III

Bellerofonte - décor pour l'acte III - sc. 1 à 7 - Un bosquet du jardin royal

Les trois rivales en amour apparaissent dans un bois. Ariobate, troublé, en définitive, par le fait que Bellerofonte avait repoussé sa fille Anthia, et que son sang pourrait être mêlé à un sang impur fait emprisonner Bellerofonte.

Bellerofonte - décor pour l'acte I - sc. 8 à 12 - Une salle du palais royal

Mais Minocle, dans une salle du Palais royal, révèle la vraie naissance de celui-ci. Rien n’empêche désormais l’union avec Archimène. Dans une fin édifiante et romanesque, Anthia repentante accorde royaume et terres de Glauco à son fils.

(d’après Venise baroque et l’opéra – Hélène Leclerc)