Biblis ou Byblis

COMPOSITEUR Louis de LA COSTE
LIBRETTISTE Fleury

 

Tragédie lyrique en cinq actes et un prologue, sur un livret de Fleury, dit de Lyon (avocat au Parlement de Paris, poète et auteur dramatique, mort en 1746).

Représentée à l’Académie royale le 6 novembre 1732, avec une distribution réunissant : Mlle Petitpas (Amphitrite), Dun (Neptune) et Mlle Julie (Junon) pour le prologue, Mlle Pélissier (Byblis), Chassé (Caunus, frère de Byblis), Mlle Le Maure (Ismène, Souveraine de Carie), Tribou (Iphis, Prince d’Ionie), Mlle Petitpas (Une Milésienne, une Matelote, un Songe, une Ionienne), Dun (L’Oracle d’Apollon).

On raconte que Mlle Eremans, mécontente du rôle qui lui avait été attribué, le refusa et s’en alla.

Marie Sallé et Anne-Marie de Camargo faisaient partie du ballet.

Il n’y eut que six représentations, et aucune reprise.
Synopsis

Caunus vient de soumettre la Carie, et de la rendre à la princesse Ismène, qu’il doit épouser mais son bonheur est troublé par le chagrin de l’inconsolable Biblis. Celle-ci ne peut voir s’éloigner son frère, qu’elle aime d’un amour criminel. Pour le retenir, elle lui offre le trône d’Ionie, qu’elle occupe par droit d’aînesse et comme prêtresse d’Apollon. Caunus l’accepte, et va prêter, devant le peuple, le serment accoutumé. Tout à coup l’oracle d’Apollon se fait entendre, lui ordonne de laisser jouir Biblis de la souveraineté, et de s’éloigner d’un Etat où sa présence va causer les plus grands malheurs. Caunus jure d’obéir aux dieux. Il est prêt à partir, et refuse de suivre Ismène en Carie, craignant d’y attirer les malheurs qui menacent l’Ionie. Mais Biblis, dominée par son étrange passion, engage Iphis, dont elle est aimée, à retenir Caunus, malgré les ordres des dieux. Iphis y consent et réussit. Cependant Biblis s’est retirée dans le lieu où reposent ses ancêtres. Là, elle gémit sur son amour criminel. Iphis vient l’y retrouver, et lui apprendre que Caunus est resté. Elle lui reproche d’avoir trop bien suivi ses ordres, et l’engage à cacher la retraite qu’elle a choisie. Iphis refuse d’obéir, et court avertir Caunus, tandis que, transportée momentanément aux Champs Élysées, Biblis voit les tourments préparés dans les enfers à ceux qui se rendent coupables d’inceste. Caunus la retrouve dans l’endroit funèbre où elle est venue se lamenter. Elle en sort à sa sollicitation pour aller préparer l’hymen de son frère et d’Ismène. Iphis la presse de lui accorder as main ; c’est alors qu’elle lui déclare qu’un autre a pris possession de son coeur. Enfin l’autel est préparé pour la bénédiction nuptiale. On amène une victime. Biblis saisit le couteau des sacrifices, et va s’en frapper, lorsque son frère lui retient le bras. Caunus, touché des maux que cause sa présence, s’éloigne; il va quitter pour jamais la terre d’Ionie, lorsque Biblis survient. Il veut lui rendre la couronne; mais elle lui laisse voir son amour. Il s’en indigne, et se reproche de n’avoir pas cédé à la voix de l’oracle. Enfin Biblis se poignarde et meurt.