CD Il Ritorno d’Ulisse in Patria

COMPOSITEUR Claudio MONTEVERDI
LIBRETTISTE Giacomo Badaoro

 

ORCHESTRE La Venexiana
CHOEUR
DIRECTION Claudio Cavina

 

L’humana fragilita Claudio Cavina
Il Tempo, Nettuno Salvo Vitale
La Fortuna, Giunone Giogia Milanesi
Amore Francesca Cassinari
Giove Vincenzo Di Donato
Minerva Robarta Mameli
Ulisse Anicio Zorzi Giustiniani
Penelope Josè Maria Lo Monaco
Telemaco, Eurimaco Makoto Sakurada
Melanto Francesca Lombardi
Iro Luca Dordolo
Ericlea Marta Fumagalli
Eumete Paolo Antognetti

 

DATE D’ENREGISTREMENT Octobre 2011
LIEU D’ENREGISTREMENT Mondovì -Sala Ghisleri – Italie
ENREGISTREMENT EN CONCERT non

 

EDITEUR Glossa
DISTRIBUTION Harmonia Mundi
DATE DE PRODUCTION 15 mai 2012
NOMBRE DE DISQUES 3
CATÉGORIE
DDD

 

 

Critique de cet enregistrement dans :

Opéra Magazine – octobre 2012 – appréciation 4 / 5

« Cendrillon des opéras de Monteverdi », comme l’écrit le chef et musicologue Claudio Cavina, Il ritomo d’Ulisse in patria pose de délicats problèmes de choix de texte, aucune partition intégrale n’étant parvenue jusqu’à nous. Certains ont même pensé qu’il n’était pas de Monteverdi lui-même … Cavina, lui, estime que d’autres mains se sont associées à celle du maître de Mantoue.
La dualité stylistique de l’ouvrage le rend extrêmement difficile à servir. À la fois le plus rétrograde et le plus moderne de son auteur, il adopte une structure narrative discontinue, qui provoque à son tour une discontinuité dans l’écriture : on se rapproche autant des anciens intermèdes de cour que des futurs opéras à machines. Il ritorno s’oppose, par ailleurs à L’Orfeo par son propos épique, comme par cette hésitation entre récit dramatique et formes de composition héritées de la pratique du madrigal. Bref, son caractère composite trouve son rythme dans le spectacle plus que dans le théâtre, ce que Claudio Cavina a bien compris.
En prenant le premier la parole, le chef donne le « la » de cette version par la sensibilité et le sens de la prosodie qu’il transmet à l’ensemble des chanteurs. Le ténor Anicio Zorzi Giustiniani et la mezzo Josè Maria Lo Monaco sont des artistes de grande classe, dont l’engagement scénique s’avère du plus bel effet dans les passages sombres. Roberta Mameli, en revanche, s’époumone sans traduire le moindre affect en Minerva.
La direction proprement dite de Claudio Cavina est soignée, mais les instruments peinent à faire progresser l’action (peu de constrastes, des couleurs atones, notamment dans la sinfonia de guerre de l’acte II), ce que le chef avait pourtant bien réussi dans son intégrale de L’incoronazione di Poppea, pour le même éditeur. Ce disque s’écoute donc avec plaisir, mais il ne fait pas oublier les versions de René Jacobs chez Harmonia Mundi (à ce jour insurpassée) et Gabriel Garrido chez K617.”

Classica – novembre 2012 – appréciation 3 / 4

“Comme le remarque fort judicieusement Stefano Russomanno dans son texte de présentation, Le Retour d’Ulysse doit se satisfaire d’une troisième place, derrière L’Orfeo et Le Couronnement de Poppée. Son identité vénitienne le prive en effet de la luxuriance du premier et réduit l’orchestre à un quintette d’archets soutenus par la basse continue. Le livret, alignant pourtant une vingtaine de perrsonnages distribués sur différents niveaux (les dieux et les hommes, les nobles et les domestiques) et impliqués dans des intrigues politico-sentimentales, ne parvient pas au machiavélisme vénéneux du seecond. Il faut alors un chef susceptible de creuser le relief dramatique et d’animer le théâtre de la musique.
Claudio Cavina n’y parvient malheureusement qu’à moitié. Sa version (il rajoute quelques passages instrumentaux) est pourtant servie par un ensemble instrumental parfait, justement coloré malgré son effectif restreint et toujours à l’écoute des chanteurs. Mais le chef ne donne pas aux scènes d’action telles l’apparition de Neptune ou le complot des prétendants la vitalité nécessaire pour captiver, au disque, l’attention de l’auditeur. On le regrette d’auutant plus que la distribution se montre d’un bon niveau, menée par la Pénélope obstinée et noble de Josè Maria Lo Monaco, le vaillant Ulysse de Anicio Zorzi Giustiniani ou le fougueux Télémaque de Makoto Sakurada.”