CD Romolo ed Ersilia

ROMOLO ED ERSILIA

Romulus et Hersilie

Romolo ed Ersilia - partition 

COMPOSITEUR

Johann Adolf HASSE

LIBRETTISTE

Pietro Metastasio

     

 

Dramma per musica en trois actes, représenté à l’Imperial palace d’Innsbrück, le 6 août 1765, à l’occasion des noces de l’archiduc Pierre-Léopold de Habsbourg-Lorraine (1747 – 1792), futur empereur Lépold II, et de l’infante d’Espagne Marie Louise de Bourbon (1745 – 1792), cinquième fille de Charles III d’Espagne et de Marie-Amélie de Saxe.

Marie Louise d'Espagne

Le souvenir de ce mariage subsiste à Innsbruck sous la forme d’un arc de triomphe en pierre.

La distribution réunissait : la castrat Gaetano Guadagni , né à Lodi en 1725 (Romolo) ; la soprano Anna De Amicis (1733 – 1816) (Ersilia) ; Teresa Dupré née Sartori (Valeria) ; le castrat soprano vénitien Luca Fabbris (Ostilio) ; le ténor bolognais Domenico Panzacchi (1730 – 1805) (Curzio) ; le castrat Gasparo, dit Porfirio, Pacchierotti (1740 – 1821) (Acronte).

Gaetano GuadagniPorfirio Pacchierotti

La représentation de l’opéra fut suivie d’un ballet, Enea in Italia, dont la musique était composée par Florian Gassmann. Les décors de l’opéra et du ballet avaient été préparés par les frères pimontais Bernardino, Frabrizio et Giovanni Antonio Gallari.

L’opéra fut repris deux fois à Innsbruck après la première représentation.

Les festivités se terminèrent tragiquement à Innsbruck : après la troisième représentation, l’empereur François-Etienne décéda le 18 août. Aussi l’arc de triomphe rappelle-t-il symboliquement, du côté sud la joie du mariage avec des portraits des Habsbourg, du côté nord la tristesse de la mort avec une femme en deuil.

Le livret fut imprimé à Vienne par Johann (dit Giovanni van Ghelen), imprimeur impérial.

Argument

L’opéra débute à Rome, après le viol des Sabines, par lequel Romulus, le fondateur de Rome, veut asurer la pérennité de la ville. Il a lui-même des vues sur Ersilia, fille du souverain des Sabins, Curzio., mais ne veut pas l’épouser sans l’accord de ce dernier.

Curzio est à Rome pour prendre soin du destin de sa fille. Son commandant, Acrontes, veut toutefois mener campagne pour se venger de Romus et Romulus.

Romulus rencontre la romaine Valeria, à qui il avait promis le mariage avant de s’intéresser à Ersilia.

Ersilia est déchirée entre Romulus, vers qui elle est attirée, et son père Curzio, à qui elle veut rester fidèle, et les prient de l’emmener loin de la ville. Elle est offerte au patricien Ostilio, qui est épris de Valeria. Celle-ci est proposée comme épouse à Romulus, car le peuple romain souhaite qu’il se marie dès que possible. Romulus est ébralé par cette proposition.

Acrontes attaque les tropupes romaines, et Romulus confie Ersilia à son ami Ostilio. Curzio roit pouvoir s’échapper de Rome avec sa fille. Mais on apprend la mort d’Acrontes, tué dans un duel avec Romulus. Ce dernier fait une entrée triomphale dans Rome. Curzio et Ersilia sont arrêtés alors qu’ils s’enfuyaient. Romulus veut la fin des hostilités. Il rend la liberté à Curzio, et lui dermande la main de sa fille. Impressionné, Curzio consent. L’opéra s’achève sur la mariage d’Ersilia et de Romulus.

A noter qu’après la mort de ce dernier, Hersilie fut autorisée par Junon à retrouver son époux divinisé dans le ciel, et être également divinisée sous le nom de Hora Quirini, la déesse du courage.

 

 Représentations

 

Herne – 13 novembre 2011 – Café Zimmermann – dir. Attilio Cremonesi – avec Mariselle Martinez (Romolo), Eleonora Buratto (Ersilia), Robin Johannsen (Valeria), Netta Or (Ostilio), Johannes Chum (Curzio), Marina De Liso (Acronte)

 

Innsbruck – Tiroler Landestheater – 26, 28 août 2011 – Café Zimmermann – dir. Attilio Cremonesi – avec Marina de Liso (Romolo), Eleonora Buratto (Ersilia), Robin Johannsen (Valeria), Netta Or (Ostilio), Johannes Chum (Curzio), Paola Gardina (Acronte) – nouvelle production

 

Opéra Magazine – octobre 2011

“Le choix ne pouvait être plus judicieux, Romolo ed Ersilia a en effet vu le jour à Innsbruck en août 1765, à l’occasion des noces de l’archiduc Léopold (futur Léopold II) avec l’infante Louise d’Espagne. Des festivités dont témoigne encore l’Arc de triomphe, monument emblématique de la ville, mais qui furent interrompues par la mort soudaine du père du marié, l’empereur François Ier, après la troisième représentation. Ces circonstances tragiques expliquent une disparition aussi rapide qu’inattendue, pour une oeuvre de cette importance : une seule reprise, au San Carlo de Naples, en décembre de la même année, le manuscrit restant ensuite conservé à la Bibliothèque Nationale de Vienne.

Pour ce mariage princier, la cour d’Autriche s’était adressée aux deux plus illustres hommes de l’art à cette date : Métastase et Hasse. Leur collaboration résume le point d’avancée de l’opera seria en ce milieu du XVIIIe siècle. Le librettiste est à son meillur. S’appuyant sur les épisodes bien connus de la fondation de Rome et de la guerre contre les Sabins, par le biais d’un Romulus français d’Houdar de La Motte (1722), il développe une intrigue serrée de type cornélien, avec un petit nombre de personnages aux caractères fortement accusés.

Le roi Romolo souhaite épouser Ersilia, une princesse sabine, qui refuse de le faire sans l’accord de son père, Curzio. Acronte, un chef sabin, qui la courtise également et délaisse pour cette raison Valeria. une noble dame romaine. fait croire à un mariage déjà consommé pour mener une alliance des Sabins contre les Romains. Ostilio enfin, un patricien repoussé par Valeria. incite son ami Romolo à prendre celle-ci pour femme … On reconnaît le schéma X aime Y qui ne l’aime pas.

Ersilia, au c’ur de cette intrigue, est elle-même parrtagée entre son devoir et ses sentiments, et elle ne trouve d’issue que dans la fuite. Lors de l’attaque de Rome par les Sabins menés par Acronte, Romolo tue ce dernier en dueL et pardonne à Curzio et à Ersilia, qui ont été faits prisonniers – le père accordant du coup la main de sa fille au vainqueur, après cet autre bel exemple de «clémence».

Métastase a ainsi habilement adapté le récit antiquc aux exigences du moment, mais il a surtout fait passer l’accent sur une étude psvchologique pousséc, à laquelle répond pleinement la partition de Hasse. Entre baroque et classicisme, celle-ci penche netteement vers l’avenir et, à côté de splendides da capo, frappe par la richesse des modulations comme par le nombre des récitatifs accompagnés, d’une haute expressivité. Sur dix-sept airs, un duo et trois choeurs, on compte plusieurs pages d’anthologie, à commmencer par l’héroïque et très spectaculaire «Con gli amorosi mirti» de Romolo. L’ensemble constitue donc une révélation : on pourra en juger, à défaut de reprise, awc le CD annoncé.

Aniara Amos n’a pas disposé des moyens considérables de la création. mais elle a fait au mieux. et avec une grande intelligence. Sur le plateau tourrnant utilisé à bon escient, quelques praticables de toile, montés sur cadres de bois, sont dévoilés au déébut de la seconde partie, donnant lieu à de superbes tableaux, dignes de l’Achim Freyer dans la lignée duuquel se situe son ancienne assistante. Une fort belle direction d’acteurs complète, avec une gestuelle souvent proche du ballet.

Distribution de très haut niveau, encore, pour cette partition exigeante. La soprano Eleonora Buratto campe une émouvante Ersilia ; on regrette seuleement que la largeur de la voix ne permette pas toujours une justesse suffisante dans les très difficiles vocalises (écrites pour Anna De Amicis, la première Giunia du Lucio Silla de Mozart!, dont triomphe maagnifiquement, en revanche, l’Ostilio de Netta Or.

Le beau mezzo de Marina De Liso donne le relief voulu à Romolo, tandis que Robin Johannsen, actrice de première force, brûle les planches en Valeria et que Paola Gardina impose un Acronte mordant, d’une virilité très crédible. Enfin, le ténor Johannes Chum prête à Curzio un timbre magnifique, avec diction et phrasés exemplaires.

Attilio Cremonesi, qui a accompli avec talent le gros travail de restitution, s’engage pleinement dans la défense de l’oeuvre, qui en sort triomphante, malgré des effectifs qu’on peut juger trop réduits : douze choristes, et les vingt-quatre musiciens de l’ensemble Café Zimmermann, par ailleurs irréprochables. Le 35e Festival d’Innsbruck restera sous le signe de cette brillante et importante résurrection.”