Johann Joseph FUX

Johann Joseph FUX
1660 (Hirtenfeld, Styrie) – 13 février 1741 (Vienne)

 

Johann Joseph Fux

ANGELICA VINCITRICE DI ALCINA
LA CLEMENZA D’AUGUSTO
livret de Pietro Antonio Bernardoni – représenté au Hoftheater de Vienne, le 15 novembre 1702, à l’occasion de la fête de l’empereur Léopold Ier
LA CORONA D’ARIANNA
livret de Pietro Pariati – représenté au Hoftheater de Vienne, le 28 août 1726
COSTANZA E FORTEZZA
DAFNE IN LAURO
LA DECIMA FATICA D’ERCOLE
livret de Giovanni Battista Ancioni – représenté au Hoftheater de Vienne, le 1er octobre 1710
DIANA PLACATA
ou La Sconfitta di Gerione in Spagna – livret de Pietro Pariati – représenté au Hoftheater de Vienne, le 19 novembre 1717
ELISA
festa teatrale – livret de Pietro Pariati – représentée à Laxenburg, le 28 août 1719, éditée la même année à Amsterdam
ENEA NEGLI ELISI
ou Il Tempo dell’Eternitafesta teatrale – livret de Pietro Metastasio – représenté au Hoftheater de Vienne, le 28 août 1731
IL FATO MONARCHICO
représenté au Hoftheater de Vienne, le 18 février 1700
GIUNONE PLACATA
JULIO ASCANIO, RE D’ALBA
IL MESE DI MARZO, CONSECRATO A MARTE
livret de Silvio Stampiglia – représenté au Hoftheater de Vienne, le 19 mars 1709
LE NOZZE DI AURORA
livret de Pietro Pariati – représenté au Hoftheater de Vienne, le 6 octobre 1722
L’OFFENDERE PER AMORE
ou La Telesilla – livret de D. Cupeda – représenté au Hoftheater de Vienne, le 26 juin 1792
ORFEO ED EURIDICE
GLI OSSEQUI DELLA NOTTE
livret de D. Cupeda – représenté au Hoftheater de Vienne, le 15 juillet 1709
PSICHE
livret de Apostolo Zeno – représenté au Hoftheater de Vienne, le 19 novembre 1720, puis le 1er octobre 1722
PULCHERIA
livret de P.A. Bernardoni – représenté au Hoftheater de Vienne, le 21 juin 1708

 

Célèbre Kapellmeister de la cour de Vienne, organiste, compositeur, pédagogue estimé et auteur du Gradus ad Parnassum (1725). Fux était d’origine modeste, mais ses capacités attirèrent l’attention de l’empereur et lui valurent un poste au Ferdinandeum de Graz puis aux universités jésuites de cette ville (1680) et d’Ingolstadt (1681), où il acquitta ses droits en servant comme organiste d’église. On ne sait rien de lui durant la décennie qui suivit 1683, mais il voyagea sans doute en Italie avant d’entrer auservice d’un évêque hongrois résidant à Vienne, où ses messes a cappella inspirées de Palestrina furent connues et admirées de l’empereur Leopold Ier, qui le nomma Hofkomponist en 1698.

Fux s’était emparé du stylus antiquus comme d’un véhicule liturgique idéal, mais ne composa dans ce style qu’une poignée de ses quelque 80 messes, notamment la Missa canonica (ou Missa di San Cirlo), ouvrage exploitant à fond tous les procédés canoniques et considéré comme un précurseur spirituel de L’Art de la fugue de Bach. Ses messes composées pour la chapelle impériale et la cathédrale Saint-Etienne adoptent pour la plupart le stylus mixtus, avec instruments parfois soutenant les voix et parfois indépendants d’elles. Sa Missa Corpori Christi de 1713 contient non seulement un prélude et un postlude purement instrumentaux, mais réserve périodiquement la voix supérieure aux seuls violons et trompettes clarino. Moins connus aujourd’hui sont ses nombreux notets de soliste et antiennes, aux récitatifs, airs da capo et choeurs d’une intense émotion. Admirées bien au-delà de Vienne, ces œuvres furent exécutées dans des monastères et aux cours de Salzbourg, Dresde et Prague.

En 1700, Fux saisit l’occasion d’aller étudier avec Pasquini à Rome, et revint à Vienne tout prêt à composer opéras et oratorios. Ses 18 opéras et ses 10 oratorios italiens ayant subsisté de cette période reflètent les influences novatrices dont il s’était imprégné en Italie. Les textes sont le plus souvent de Pietro Pariati (et infusés de panégyriques royaux), mais il mit aussi en musique un texte de Stampiglia, un de Zeno et un de Métasase. Sa ” festa teatrale ” Elisa, représentée au Hoftheater en 1719, fut éditée la même année à Amsterdam. Entre 1702 et 1728, Fux produisit au moins 15 sepolcri de facture contrapuntique, exécutés à Pâques à la Hofburgkapelle. Dans le cadre de ses activités à Saint-Etienne (vice-Kapellmeister à partir de 1705 et Kapellmeister à partir de 1712) et à la cour impériale (vice-Kapellmeister à partir de 1713 et Kapellmeister à partir de 1715), Fux composa trois Requiem et un vaste Te Deum.

Il s’adonna également à la musique instrumentale. Peu après son retour à Vienne il publia en parties séparées, sous le titre de Concentus musico-instrumentalis (1701), un recueil de sept partitas dont cinq juxtaposant vents et cordes et deux pour cordes et clavecin. Fux dota certains mouvements de sobriquets et – dans le cadre d’une facture en trio pour flûte, hautbois et basse – superposa hardiment un ” aire françoise ” à 4/4 à une “aria italiana ” à 6/8. Il composa de nombreux autres trios à usage liturgique restés manuscrits de son vivant. Il laissa aussi, dans les traditions viennoises reliant Froberger à Gottlieb Muffat, des sonates et des suites pour orgue ou clavecin.

Sa carrière connut son apogée en 1723, lorsque son opéra Costanza e Fortezza fut représenté à Prague par des artistes éminents venus de toute l’Allemagne dans le cadre des fêtes du couronnement de Charles VI comme roi de Bohème (Fux, atteint par la goutte, ne put y participer personnellement, et dut confier la direction de l’ensemble à Caldara). Son traité de contrepoint Gradus ad Parnassum, paru en 1725 et plus tard traduit en allemand par Mizler, se révéla sa réussite la plus durable. Le Gradus n’est pas spécialement novateur : sa force réside dans sa consolidation des traditions contrapuntiques héritées par Fux des deux siècles précédents. Il connaissait tout, et put ainsi assimiler et exploiter les informations transmises par ses sources, ce qui le fit apparaître quelque peu démodé et l’exposa aux attaques d’esprits ” progressistes “comme Mattheson. Le Gradus ad Parnassum n’en fut pas moins très précieux pour Haydn, pour Mozart et pour des générations de musiciens après eux. Fux compta parmi ses élèves propres Gottlieb Muffat, G. C. Wagenseil et J. D. Zelenka. Suite à une querelle avec Mattheson sur la solmisation et les tonalités, Fux fut plutôt maltraité dans Der vollkommene Kapellmeister (1739) et dans la Grundlage einer Ehren-Pforte (1740). Mattheson porta également préjudice à la renommée posthume de Fux par ses remarques peu flatteuses parues à la fin du XVIIIe siècle dans le dictionnaire de E. L. Gerber. (Guide de la Musique Baroque – Fayard)