CD La Didone (1997)

LA DIDONE

COMPOSITEUR

Francesco CAVALLI

LIBRETTISTE

Giovanni Francesco Busenello

 

ORCHESTRE Balthasar-Neumann Ensemble
CHOEUR
DIRECTION Thomas Hengelbrock

Didone/Cassandra Yvonne Kenny
Enea Laurence Dale
Creusa/Giunone Judith Howarth
Ascanio/Amore Uta Schwabe
Pirro/Ombra di Sicheo Hermann Oswald
Corebo/Eolo Hans Jörg Mammel
Venere/Prima Damigella Wessela Zlateva
Anchise/un Vecchio Peter-Jürgen Schmidt
Ecuba Hilary Summers
Sinon/Nettuno Kwangchul Youn
Iarba Alexander Plust
Fortuna/Seconda Damigella Leonore von Falkenshausen
Anna/Terza Damigella Katharina Kammerloher
Mercurio Bernhard Landauer

DATE D’ENREGISTREMENT 1997
LIEU D’ENREGISTREMENT
ENREGISTREMENT EN CONCERT oui

EDITEUR BMG / Deutsche Harmonia Mundi
DATE DE PRODUCTION 1998
NOMBRE DE DISQUES 2
CATEGORIE DDD

Enregistrement, fruit d’une coopération entre le Staatsoper de Berlin et le Festival de Schwetzingen, faisant suite aux représentations d’avril 1997 au Rokokotheater.

 

Critique de cet enregistrement dans :

Goldberg – octobre 2004 – appréciation 4 / 5

“Après avoir été ignorée pendant tant d’années, la partition de La Didone a connu une double reprise moderne, presque dans les mêmes années : Chnstophe Rousset a produit pour le Festival d’Ambronay une version intégrale, dont la mise en scène pleine de fantaisie a suscité quelques critiques de la part des défenseurs de la grande tragédie baroque, tandis que Thomas Hengelbrock a préféré supprimer la fin heureuse du livret vénitien pour conserver l’intégrité tragique du mythe. Yvonne Kenny est magnifique dans le double rôle de Didon et Cassandre, tandis que Laurence Dale, attentif au rendu du récitatif, est moins convaincant du point de vue du timbre vocal. Etant donné qu’il s’agit du premier enregistrement disponible d’un chef-d’oeuvre absolu du théâtre musical du XVIIIe siècle, dont l’importance historique est indéniable (La Didone fut le premier opéra représenté à Naples, en 1650), nous pouvons réserver un accueil favorable à cette réalisa-tion, en dépit de quelques imperfections.”

Goldberg – automne 1998 – 4 étoiles

“Voici donc l’enregistrement live qui suit les représentations de Schwetzinger et du Staatsoper de Berlin. Thomas Hengelbrock adapte la Didone du vénitien Cavalli, élève de Monteverdi selon sa propre vision. En s’appuyant sur le manuscrit Contarini, son continuo est étoffé et le dénouement, en dépit du livret de Busenello, est révisé : Didon n’épouse pas Iarba mais meurt selon le mythe antique. Ainsi la puissante coloration tragique domine. Sombre et déchirante pendant tout l’acte I (agonies et morts des troyens) surtout dans la scène finale quand Yvonne Kenny insuffle au rôle de Didon, la passion exclusive et fatale d’une amoureuse qui a tout sacrifié pour celui qu’elle aime. La Didone est une ouvre de jeunesse (1641) antérieure à Giasone (1649), Calisto (1651), Xerse (1654) que René Jacobs a révélé avec l’intelligence que l’on sait (hm). Didone est liée aux opéras montéverdiens de la maturité, entre Ulisse (1640) et Poppée (1643). Hengelbrock analyse l’unité du drame avec finesse et nuances. La densité incantatoire du bel canto se réalise grâce au trio vocal, Kenny (Didone), Plust (Iarba) et Dale (Enée) lequel connaît le lyrisme vocal si suave et expressif de l’opéra vénitien, depuis son Orfeo (Jacobs, hm). L’articulation est parfois pâteuse mais l’engagement séduit. L’émotion du chef Hengelbrock restitue l’exceptionnelle profondeur psychologique des caractères conçue par Busenello, dans les personnages d’Hécube, de Cassandre, du piquant Sinon. Ils incarnent désespoir et cynisme qui s’accompliront dans Poppée dont Busennello écrira le livret pour Monteverdi, deux ans plus tard. En dévoilant vérité et raffinement de La Didone, Hengelbrock confirme l’intuition de Jacobs à propos du génie de Cavalli. Cet inédit mérite le meilleur accueil.”.

 Opéra International – octobre 1998 – 2 / 5

“Les coupes sauvages pratiquées par Thomas Hengelbrock…sont inadmissibles lorsqu’on enregistre une oeuvre en première mondiale”…”Il est particulièrement regrettable que la conclusion originelle – le mariage de Didon et Enée – ait été froidement supprimée pour laisser l’oeuvre s’achever sur le suicide de l’héroïne”…”La distribution est dominée par Yvonne Kenny, dont les qualités dramatiques ne le cèdent en rien à la musicalité, à la beauté et à l’homogénéité du timbre”…”L’Enée de Laurence Dale est une vraie déception”…”Si l’Hécube d’Hilary Summers a pu émouvoir le public…au disque il ne reste qu’une voix asexuée, dépourvue de toute technique”…”La direction dynamique, inventive et précise de Hengelbrock sauve heureusement un peu cet enregistrement”.