CD La Clemenza di Tito (2003)

LA CLEMENZA DI TITO

COMPOSITEUR

Antonio CALDARA

LIBRETTISTE

Pietro Metastasio

 

ORCHESTRE Orchestra della Stagione Armonica
CHOEUR Coro della Camerata Polifonica Viterbese – dir. Piero Caraba
DIRECTION Sergio Balestracci

Tito Mya Fracassini contralto
Vitellia Ornella Pratesi soprano
Sesto Eleonora Contucci soprano
Annio Patrizia Zanardi soprano
Servilia Lucrezia Raffaelli soprano
Publio Aurio Tomicich basse

DATE D’ENREGISTREMENT 12 septembre 2003
LIEU D’ENREGISTREMENT Viterbe – Toscane – Chiesa di San Pietro – Festival Baroque de Viterbe
ENREGISTREMENT EN CONCERT oui

EDITEUR Bongiovanni
DISTRIBUTION DAM
DATE DE PRODUCTION 23 novembre 2004 – réédition 9 juin 2010
NOMBRE DE DISQUES 2
CATEGORIE DDD

révision de Saverio Franchi

Critique de cet enregistrement dans :

Opéra International – décembre 2004 – appréciation 2 / 5

« Retrouvailles importantes pour l’histoire de l’opéra que cet enregistrement de la première Clemenzo di Tito, l’un des plus fameux livrets de Pietro Metastasio, immortalisé par Mozart et Gluck. Antonio Caldara, le  » Bach italien » installé à Vienne à la cour de Charles VI après une carrière à Barcelone, est un jalon musical essentiel entre Scarlatti, Porpora et les classiques viennois. Il partagera avec Metastasio, poète lauréat, le devant de la scène autrichienne pendant vingt ans. A l’écoute de certains numéros de cette oeuvre donnée le 4novembre 1734 dans des décors de Giuseppe Galli Bibiena, on comprend l’impact de Caldara comme compositeur lyrique. (aria de Tito,  » Del piu sublime soglio « , avec son accompagnement d’orgue et de violoncelle, son chant sensiblement orné loin des airs athlétiques des castrats, nimbe d’une fine psychologie le personnage de l’empereur torturé. Le traitement naïf et sincère de Servilia, servie par de beaux effets de cordes dans « Ah, perdona ai primo offetto », est tout aussi intéressant par son refus d’une vocalité de foire qui annonce aussi la sensibilité exacerbée de l’autre moitié du XVllle siècle. Conformes au genre noble de Metastasio, les récitatifs sont fort prolixes, mais on découvrira quelques choeurs traités dans d’intéressantes tonalités mineures, comme les caractères « sombres » de l’histoire, Sesto et Vitellia, destinataires d’une musique aussi savante que la production sacrée de Caldara. Dans la pléthorique production de l’opero seria, son oeuvre lyrique mérite tout autant l’exhumation que celle des Hasse, Porpora ou Vinci.

Hélas, pour pleinement nous convaincre, il eût fallu disposer d’interprètes à la hauteur. Les cordes pleureuses et les chanteurs approximatifs dénaturent cette Clemenza enregistrée au Festival Barocco de Viterbo en 2003. Si l’on suit avec intérêt l’entreprise de redécouverte que le label Bongiovanni commença voici des années, on est atterré par la fréquente médiocrité des interprètes et des ensembles choisis pour y parvenir. Voix de seconde zone, orchestres plus proches de l’orphéon municipal que de la formation sérieuse, chefs léthargiques… Alors que l’Italie dispose d’interprètes de la valeur de la Cappella de’ Turchini d’Antonio Florio, de l’Accademia Bizantina d’Ottavio Dantone ou de L’Astrée de Giorgio Tabacco, on se dit qu’il doit y avoir quelque chose de pourri au royaume du baroque italien. On comprend d’autant mieux pourquoi les aficionados italiens soumis à ces tortures sonores dédaignent ce remarquable répertoire. »