CD Giulio Cesare MDG

COMPOSITEUR
Georg Friedrich HAENDEL
LIBRETTISTE
Nicola Haym

 

ORCHESTRE
Orchestre de Patras
CHOEUR
DIRECTION
George Petrou

Giulio Cesare Kristina Hammarström
Cleopatra Emanuela Galli
Cornelia Irini Karaianni
Tolomeo Romina Basso
Sesto Mary-Ellen Nesi
Achilla Tassis Christoyannis
Nireno Nikos Spanatis
Curio Petros Magoulas

DATE D’ENREGISTREMENT juillet 2009
LIEU D’ENREGISTREMENT
ENREGISTREMENT EN CONCERT

EDITEUR MDG
DISTRIBUTION Codaex
DATE DE PRODUCTION 28 janvier 2010
NOMBRE DE DISQUES 3
CATEGORIE DDD

Critique de cet enregistrement dans :

  •  Opéra Magazine – mars 2010 – appréciation 5 / 5

“Que ce soit avec les rares Oreste et Arianna in Creta ou avec le plus célèbre Tamerlano, George Petrou nous a toujours séduits par l’effliacité de son travail d’équipe, l’intelligence musicale et dramatique de son propos, et sa maîtrise du style. Toutes ces qualités, et bien d’autres encore, on les retrouve dans ce Giulio Cesare, sur scène en mars 2008 et enregistré en studio quelques mois plus tard.
Dans un opéra de cette renommée, nous sommes habitués à entendre des chanteurs à la présence vocale ou à la notoriété imposante, ce n’est d’ailleurs pas forcément un gage de réussite. Ici, pas de stars mais une belle distribution, mêlant fidèles du chef grec et nouveaux venus.
Mary-Ellen Nesi livre une convaincante prestation en Sesto, malgré des sonorités parfois un peu métalliques. Le timbre voilé, les respirations nombreuses et bruyantes d’Irini Karaianni ne s’intègrent pas mal à son portrait d’une Camelia subissant les coups du destin. Tolomeo, souvent confié à un contre-ténor, est ici parfaitement campé par la mezzo Romina Basso ; le personnage gagne en noirceur ce qu’il perd en jeunesse. Les rôles de complément n’appellent aucune réserve.
Du côté des deux principaux personnages, on peut légitimement penser qu’Emanuela Galli est un peu sous-dimensionnée pour Cleopatra ; sa prestation n’accuse pourtant aucune réelle faiblesse. Quant au Cesare de Kristina Hammarstrom, il nous offre l’occasion de dire tout le bien que nous pensons de cette artiste, trop rare au disque. La mezzo (et non soprano, comme indiqué au verso du boîtier) ne possède peut-être pas une personnalité flamboyante, comme les aiment les médias. Mais sa voix, sa technique, son sens du style n’appellent que des éloges, le tout enrobé d’une classe et d’une élégance naturelles. La mezzo suédoise se montre aussi à l’aise dans le Cesare amoureux qu’héroïque, atteignant dans ce domaine de réels sommets. Écoutez l’excellence de « Presti omai » ou d’« Empio, dira, tu sei », pris à un tempo redoutable ! On entend chaque note dans les vocalises, les graves sont sonores, les aigus impeccables, les variations idéales, le texte est en permanence mis en valeur. Une artiste, une vraie, qui, à elle seule, justifie l’achat du disque.
L’ensemble est par ailleurs marqué du sceau de la cohérence, chef et orchestre – admirable – prenant part au drame autant que les chanteurs, en suivant les mêmes options musicales et dramaturgiques. La direction de George Petrou est toujours intéressante, riche d’effets dont certains peuvent surprendre, mais sans jamais aller contre la partition. Associés à une prise de son proche, ces derniers donnent un relief incroyable à l’enregistrement : cette version de studio sonne souvent comme un live, bruits de scène et de salle en moins. Avant de conclure, un mot des da capo, qui recourent peu à la note aiguë chantée forte, lui préférant des jeux sur les registres, des variations discrètes mais justes, ou des diminutions.
Au bilan, une justesse de ton, une vraie intelligence, un sens du théâtre et des contrastes admirable, qui permettent à cette production de se hisser quasiment au niveau de la référence (René Jacobs chez Harmonia Mundi). À connaître absolument.”