CD Apotheosis Sive Consecratio Santi Ignatii et Francisci Xaverii

APOTHEOSIS SIVE CONSECRATIO SANTI IGNATII ET FRANCISCI XAVERII

COMPOSITEUR

Johann Hieronymus KAPSBERGER

LIBRETTISTE Orazio Grassi

 

ORCHESTRE Ensemble Abendmusik
CHOEUR
DIRECTION James David Christie

Italie Roberta Anderson soprano
Japon Terrance Barber contre-ténor
Portugal Michael Collver contre-ténor
St Francis Xavier John Elwes ténor
Rome Ellen Hargis soprano
Palestine Anne Harley soprano
St Igance de Loyola Mark J. McSweeney baryton
Pamela J. Murray soprano
Espagne Steven Rickards contre-ténor
Metagenes, Pythis Ryan Turner ténor
Gladiateur Donald Wilkinson basse
Inde, France, Chine Randall Wong sopraniste

DATE D’ENREGISTREMENT décembre 1998 / janvier 1999
LIEU D’ENREGISTREMENT Campion Center, Weston, Massachusetts
ENREGISTREMENT EN CONCERT non

EDITEUR Dorian Recordings
DISTRIBUTION Abeille Musique
DATE DE PRODUCTION octobre 2003
NOMBRE DE DISQUES 2 ( San Ignacio de Loyola, opéra de chambre – Domenico Zipoli, Martin Schmid)
CATEGORIE DDD

 Critique de cet enregistrement dans :

Goldberg – décembre 2003 – appréciation 4 / 5

« La partition a été révisée par le jésuite Frank Kennedy, auteur des notes du livret qui accompagne le disque, qui représentent une importante contribution à la connaissance de l’art de la composition de Kapsberger et à la reconstruction du climat de la musique jésuite de l’époque baroque. Certains musicologues s’étaient déjà occupés de ce drame, mais il avait été jusqu’à maintenant injustement négligé par les interprètes. Il s’agit d’un petit chef-d’oeuvre, et l’Ensemble Abendmusik, sous la direction de James David Christie en donne une interprétation philologiquement correcte, surtout en ce qui concerne la couleur de l’orchestre. Les voix ne sont pas toutes agréables (en particulier les contre-ténors), mais les choeurs de solistes sont bons. L’enregistrement est complété par l’opéra sacré « de chambre » en deux parties San Ignacio de Loyola du jésuite Domenico Zipoli. Les deux oeuvres s’harmonisent difficilement en raison de la distance de plus d’un siècle qui les sépare, mais cependant la musique de Zipoli est bien interprétée par l’Ensemble Abendmusik. »

Diapason – novembre 2003 – appréciation 4 / 5

« C’est leur sujet et non leur facture qui réunit ces opéras : tous deux s’attachent à louer la vie et les oeuvres de saint Ignace de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus, lequel en est le protagoniste, aux côtés du fidèle saint François Xavier. Musicalement, tout sépare ces ouvrages. La chronologie, d’abord, puisque L’Apothéose de saint Ignace et saint François (1622) apparut pres d’un siècle et demi avant San Ignacio de Loyola (vers 1755) ; la géographie, ensuite, l’oeuvre de Kapsberger ayant vu le jour à Rome, celle de Zipoli et Schmid (aidés d’anonymes Indiens) dans les réductions jésuites du Paraguay ; la langue enfin (le latin pour l’une, l’espagnol pour l’autre) et, surtout, le genre, la tonalité, le style.

En cinq actes composés de récitatifs, entrelardés de choeurs homophones et de ritournelles, Apotheosis relève davantage de l’oratorio que de l’opera : aucune action proprement dite, mais une succession de scènes allégoriques censées se dérouler dans la Rome antique et convoquer toutes les par-ies du monde (Espagne, Inde, France, Chine, Palestine… ). En dépit d’une certaine suavité, la musique finit par sembler monotone, d’autant que le texte n’est pas traduit en françaiis et que la lecture apparaît un peu placide, si toujours musicale. »

La Scena musicale

« La Compagnie de Jésus, ordre religieux résolument moderne dans son approche des «communications sociales», s’est souvent servi du théâtre parlé et chanté pour faire sa propagande ‘ une des plus anciennes scènes de Montréal n’est-elle pas située dans le sous-sol de son église du Gesù? Cet intérêt des jésuites pour le théâtre nous a valu au moins un chef-d’oeuvre lyrique : David et Jonathas, de Charpentier. Les compositeurs de la musique au programme de ce double CD ne parviennent peut-être pas à se hisser au même niveau d’inspiration, mais leurs oeuvres sont néanmoins d’un grand intérêt. La pièce de résistance, l’Apotheosis sive consecratio SS. Ignatii et Francisci Xavieri, de Kapsberger, une des plus anciennes partitions d’opéra que nous ayons conservées, a été composée pour marquer ce qui fut sans doute l’heure de gloire de l’histoire de la Compagnie, soit la canonisation, en 1622, de Loyola, son fondateur, et de Xavier, son plus grand missionnaire. Le style vocal et dramatique rappelle celui du Monteverdi de l’Orfeo, en plus austère et plus solennel, mais non sans une touche de pieuse ostentation. À ma connaissance, il s’agit là d’une première sur disque (d’où la cote) et il faut en remercier le père T. Frank Kennedy S.J., qui en a préparé l’édition, de même que les trustees du Collège de Boston, institution jésuite, qui ont financé l’entreprise, ce qui explique sans doute que ces disques puissent être mis en marché à deux pour le prix d’un. En complément de programme, on retrouve le fascinant San Ignacio de Loyola, opéra de chambre composé au début du XVIIIe siècle pour les missions jésuites d’Amérique latine et remanié avec le concours de talents indigènes. Cette deuxième oeuvre, par contre, avait déjà été enregistrée au moins une fois (par l’ensemble de Gabriel Garrido sous étiquette K617) et, en comparaison, l’interprétation de l’Ensemble Abendmusik m’a paru manquer un peu de couleur. »