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KING ARTHUR |
| COMPOSITEUR |
Henry PURCELL |
| LIBRETTISTE |
John Dryden |
| ORCHESTRE | Deller Consort / King’s Musick |
| CHOEUR | Deller Choir |
| DIRECTION | Alfred Deller |
| Grimbald | Nigel Beavan | basse |
| Génie du Froid | Maurice Bevan | baryton |
| Alfred Deller | contre-ténor | |
| Mark Deller | contre-ténor | |
| Paul Elliott | ténor | |
| Cupidon | Rosemary Hardy | soprano |
| Néréïde | Jean Knibbs | soprano |
| Leigh Nixon | ténor | |
| Honor Sheppard | soprano |
| DATE D’ENREGISTREMENT | octobre 1978 |
| LIEU D’ENREGISTREMENT | |
| ENREGISTREMENT EN CONCERT | non |
| EDITEUR | Harmonia Mundi |
| COLLECTION | |
| DATE DE PRODUCTION | |
| NOMBRE DE DISQUES | 2 ( Cupidon et Bacchus) (à l’origine 2 LP) |
| CATEGORIE | ADD |
Critique de cet enregistrement dans :
Opéra International – février 1995
« Assez tardivement gravée par Alfred Deller (une vingtaine d’années après son mémorable Didon et Enée), cette version se révèle assez décevante. Le chef y est pris entre deux feux : il reste fidèle à cette veine apollinienne et quasi intemporelle qui toujours l’habita, tandis que, d’un autre côté, il tente de reprendre le train des baroqueux dans lequel il monta au tournant des années 1960, avant d’en être écarté peu après. Se côtoient donc des preux chevaliers de Deller (les chanteurs Honor Sheppard ou Maurice Bevan, aux voix plus trop fraîches) avec des chanteurs et instrumentistes ayant vécu des expériences plus hardies. Mais le mélange n’est pas homogène et Deller s’épuise à vouloir embrasser tant de dissemblances. Au point même de nuire à cette unique et intemporelle continuité dramatique, qui faisait tout le prix de son Didon et Enée. Malgré tout demeurent une permanente lisibilité musicale, un travail orchestral plus « chambriste » et plus mobile que chez Lewis, un souci d’animer cette partition, et un radieux ténor, Paul Elliott. »
Fnac
« L’enregistrement d’Alfred Deller de 1978 est historique en tant que première version « authentique » de l’oeuvre. Il offre en supplément de programme le « masque » de Cupidon et Bacchus que Purcell composa vraisemblablement pour intercaler dans la pièce Timon d’Athènes de Shakespeare. »
L’Avant-Scène Opéra – 1995
« Il faut se rendre à l’évidence: la plupart des solistes sont désastreux. Alfred Deller tire son épingle du jeu malgré son absence de graves. Mais sa participation vocale est réduite à la portion congrue, hélas en faveur de son fils Mark Deller dont le timbre bien vert et l’application désincarnée font tâche à côté de la musicalité du papa. Sept ans avant la version Gardiner, Paul Elliott s’offre déjà comme le paradigme dont on s’est souvent servi pour « bouffer du baroqueux » : son vibrato rapide, ses aigus blanchis, son absence de graves et son exaspérante inexpressivité ont de quoi effrayer les mélomanes les plus acquis à la cause de la musique ancienne. Passons rapidement sur le Grimbald aboyé par Nigel Beavan et le Cupidon bien mûr de Rosemary Hardy, pour souligner certaines réussites paradoxales. Comme la Néréïde de Jean Knibbs, qui célèbre le poisson anglais avec un air pincé drôlissime, ou un « For folded flocks » chanté avec tant de préciosité qu’il en devient, à l’insu des interprètes, une idéale caricature. L’humour, composante pourtant essentielle d’une oeuvre au patriotisme ambigu, fait cruellement défaut aux enregistrements du Roi Arthur. Dans celui-ci, la faute en incombe souvent à Deller lui-même qui choisit des tempi très mesurés et bien peu dramatiques. L’Ouverture à la française puis le Maestoso qui suit mettent à nu les cordes grinçantes et les hautbois faux de l’orchestre, The King’s Musick. On retrouvera des instruments plus corrects dans la Scène du Froid, où un pianissississimo hypnotique introduit un Génie lourdaud et maladif comme il faut (Maurice Bevan). Ailleurs, Deller prend le temps de dérouler une introduction bien lyrique à « How blest are Shepherds », suivi d’un duo des Bergères qui danse et sautille. Mais pour quelques instants de grâce, que de lourdeur dans la scène de bataille, que de grisaille désordonnée dans les « Hither this way », pas beaucoup mieux traités par les Deller Singers que par leurs prédécesseurs de la version Lewis. Malgré la belle popularité que ce disque a connue en son temps, on avouera qu’il est maintenant dépassé. Essentiellement à cause d’un ensemble peu digne et d’une direction au coup par coup. »