Vers 3 000 : l'archipel est habité dès la période néolithique. On a retrouvé des traces de cette époque : céramiques et perçoir en silex, en arrière de la plage Notre-Dame (mouillage de pêcheurs ?), pierres taillées, hachettes en serpentine, en grès, et en jadéite. Des gisements sont attestés dans l'anse du Brégançonnet et au Petit Avis.
Vers 1800 : les Ligures envahissent toute l'Europe occidentale.
Vers 1200 : les Ligures sont chassés d'Italie par les Italiotes, de Corse par les Korsi. Ils occupent tout le sud-est de la France.
900 : les Phéniciens établissent des comptoirs commerciaux sur la côte provençale.
Vers 800 : les Celtes d'Allemagne du sud pénètrent dans l'est de la France, et se fondent avec les Ligures, et forment la confédération des Salyens.
600 : conduits par leur chef Protis, des Grecs de Phocée, chassés de leur patrie par la tyrannie d'Harpalus, satrape de Darius, abordent dans le golfe proche de l'embouchure du Rhône, s'emparent de barques phéniciennes, et s'abritent dans le meilleur port de la côte. Les Grecs sont invités par Namnus, chef de la tribu des Ségobriges(ou des Commoniens) à un banquet au cours de laquelle sa fille Giptis doit choisir un époux. Giptis offre la coupe à Protis qui obtient une concession de territoire pour s'installer et fonder Massa, puis Massilia. Les Grecs importent l'olivier, le figuier, le noyer, le cerisier, la vigne, la poterie.
544 : Phocée est prise par les Perses de Cyrus. Massilia accueille une seconde vague de Phocéens.
515 : un bateau chargé de vaisselle produite à Athènes et en Ionie, ainsi que de vin des îles grecques, coule à la pointe Lequin, à Porquerolles.
Fin du VIème siècle : les Massaliètes édifient des forteresses le long de la côte pour se protéger contre les Salyens. Parmi elles Olbia, au pied de la colline de Costebelle, sur laquelle les Ligures avaient établi un oppidum.
Fin du VIème/début du Vème siècle : une communauté est établie au Levant, dans l'anse du Liserot.
Vers 400 : une tribu ligure, les Bormani, s'installe sur le site de Bormes.
Vers 350 : les Massaliètes viennent aux îles d'Hyères pour pêcher, mais ne s'y installent pas. Ils créent un comptoir qui deviendra Nice.
IIIème siècle : Apollonios de Rhodes (295 - 215), poète grec, bibliothécaire d'Alexandrie sous Ptolémée II, est le premier à évoquer "les îles Ligystides qu'on appelle aussi Stoichades" dans ses Argonautiques, poème épique narrant l’aventure des Argonautes à la recherche de la Toison d’or. Il indique que les Argonautes "y débarquèrent sains et saufs", grâce aux Dioscures ("fils de Zeus", Castor et Pollux), et "c'est pourquoi des autels et des rites sacrés ont été établis immuablement" pour ces derniers.
IIème siècle : un navire transportant des lingots d'étain et des barres de fer de Cornouaille ou d'Espagne fait naufrage à l'Ouest de Bagaud.
182 : Plutarque (50-125), écrivain grec, évoque, dans la Vie de Paul Emile, la piraterie exercée alors par les Ligures et les Gaulois contre les navires massaliètes.
154 : une armée romaine commandée par le consul Opimius débarque à Massilia, et va écraser les tribus celto-ligures soulevées contre elle.
124 : les Romains viennent à nouveau au secours de Marseille attaquée par les Salyens, peuplade qui avait Arelate (Arles) pour capitale, et qui s'était alliée avec les Camatulici (région de Toulon) et les Suelteri (massif des Maures). Ceux-ci doivent évacuer la zone côtière et Massalia acquiert la domination complète du littoral entre le Var et le Rhône. Les Romains s'installent à l'intérieur, détruisent Entremont, forteresse salyenne, et créent la Provincia romana, ainsi que sa capitale Aquae Sextiae (Aix), pour assurer la via Domitia - du nom du consul Domitius Ahenobarbus - qui relie l’Italie à l’Espagne.
121 : Olbia est créée, colonie de Marseille.
114 : après la défaite des Arvernes contre les Romains, la Celto-Ligurie devient la Provincia Romana, première province transalpine, et prend le nom de Narbonnaise, du nom de sa capitale fondée en 118.
105 : les Romains subissent des défaites face aux Cimbres, peuplade germanique entrée en Gaule par la Suisse.
103 : les Cimbres sont rejoints par les Teutons, originaires de la Baltique. Alors qu'ils s'apprêtent à passer en Italie, les Teutons sont arrêtés sur le Rhône par Marius (157 - 86), consul en 104. L'affrontement définitif a lieu à hauteur de la Montagne Ste Victoire, les Teutons sont exterminés. L’année suivante, il bat les Cimbres en Italie, à Vercellae.
Fin du IIème/Ier siècle : un village de pêcheurs est installé dans l'anse de la Galère, à Porquerolles. Il forme deux quartiers de part et d'autre des petites plages. Une maison centrée sur une cour intérieure est habitée jusqu'au milieu du Ier siècle. Une autre plus au sud, comportant des bassins taillés dans le roc, est habitée jusqu'en 30. L'anse de la Galère sert de mouillage aux navires venus d'Italie pour vendre du vin.
82 : le consul romain C. Scipion, abandonné par ses troupes, et voulant échapper aux proscriptions de Rome, se réfugie à Marseille puis dans les îles d'Hyères où il finit ses jours.
80 : Scymnus de Chio, géographe grec, cite la ville d'Olbia, près de Tauroeis.
67 : à la suite d'une grave disette, les Romains confient le commandement d'une escadre à Marcus Pomponius, pour défendre le trafic maritime contre la piraterie. Celui-ci fonde une station de galères, Pomponiana, soit à côté d'Olbia, soit à Porquerolles, à l'emplacement actuel du village.
59 : César est nommé proconsul de la Gaule cisalpine (plaine du Pô) et de la Provincia romana, à qui il donne les droit latin.
49 : Marseille marque sa préférence pour Pompée (106 - 48) en refusant à Jules César (101 - 44) d'utiliser le port et sa flotte pour combattre Pompée en Espagne. Marseille est assiégée par 18 000 hommes commandés par Trebonius. Après deux batailles navales, menacée de famine, Marseille capitule. Elle garde sa situation particulière de ville fédérée, mais perd ses vaisseaux, ses remparts, et ses territoires, à l'exception de Nice et des îles d'Hyères. César fonde Forum Julii, actuelle Fréjus.
39 : Auguste installe une base navale et un arsenal de galères à Fréjus.
27 : Auguste fixe le statut de la Provincia Romana, érigée en province sénatoriale, administrée par un gouverneur siégeant à Narbonne. Elle prend le nom de Narbonnaise, et couvre la Provence, le Languedoc, le Roussillon, la vallée du Rhône et les Alpes, excepté les Alpes maritimes qui restent placées sous l'autorité directe de l'empereur.