Tito Manlio

COMPOSITEUR Antonio VIVALDI
LIBRETTISTE Matteo Noris
ENREGISTREMENT EDITION DIRECTION EDITEUR NOMBRE LANGUE FICHE DETAILLEE
1977 1996 Vittorio Negri Philips 4 italien
2003 2004 Federico Maria Sardelli Amadeus/Paragon 2 italien
2005 2005 Ottavio Dantone Opus 111 3 italien

Opéra (pasticcio) en trois actes (RV 738), composé – en cinq jours ! – pour la cour de Mantoue, représenté au Teatro Arciducale pendant le Carnaval 1719.
Vivaldi pourrait n’avoir écrit que l’acte III.
Reprise au Teatro della Pace de Rome, en 1720, dans une version écrite par Boni, Gorgi et Vivaldi.
L’oeuvre est dédiée à la princesse Eleonora di Guastalla, épouse du prince Philippe, Landgrave de Hesse-Darmstadt, gouverneur impérial de Mantoue.
On dispose de deux exemplaires de la partition, dont un entièrement autographe, qui dénote une écriture très hâtive.
Le livret de Matteo Noris est inspiré de Tite-Live qui raconte comment Titus Manlius Imperiosus Torquatus fit décapiter son fils Titus Manlius Torquatus, en dépit de sa victoire, parce qu’il avait combattu hors des rangs. Le librettiste se conformant à la règle de la « fin heureuse ».

Synopsis détaillé

Acte I
A Rome, à la fin du IIIe siècle av. J.-C. La nuit, dans un temple décoré en prévision d’une cérémonie solennelle de prestation de serments.
Manuscrit de l'air
(1) Tito Manlio (basse), consul romain, jure solennellement de poursuivre jusqu’au bout la guerre contre les Latins, alliés qui se sont insurgés, Rome refusant de leur consentir l’égalité avec les Romains. Il exige de ceux qui l’entourent, son fils Manlio (alto), sa fille Vitellia (alto), le chevalier latin Lucio (soprano), Servilia (alto), fiancée de Manlio, et le centurion romain Decio (alto) qu’ils prêtent le même serment. Quoique Latin, Lucio accepte, mais Vitellia et Servilia s’y refusent. L’une aime Geminio, chef des Latins, l’autre est sa propre soeur. Très irrité, Tito bannit Servilia de Rome et cherche à savoir les raisons du refus de sa fille. Devant le silence de celle-ci, il la fait enfermer au palais. (2) Puis le consul ordonne à Manlio d’aller en reconnaissance du côté du camp latin mais de n’engager le combat sous aucun prétexte. (3) Sur son chemin, Manlio rencontre Servilia qui lui reproche son attitude ; pour se disculper, il invoque son devoir patriotique. Servilia lui demande de l’emmener chez les Latins. Manlio refuse. Servilia se déclare son ennemie, mais Manlio reste plein d’amour. (4) Servilia, restée seule, s’interroge sur leur destin. (5) De son côté, Lucio explique à son ami Decio qu’il n’a trahi les Latins que par amour pour Vitellia. (6) Decio, amoureux lui-même de la jeune fille, se désole car il pense que son grade de centurion ne lui permet pas d’aspirer à la main de la fille d’un consul.
Appartements de Vitellia, dans le palais de Tito
Enfermée dans ses appartements, Vitellia fait porter par son serviteur Lindo (basse) une lettre à Geminio, le chef des Latins. (8) Puis entrent Tito et Lucio, suivis d’un soldat qui porte une chaîne sur un grand plat en or. Le consul, par l’intermédiaire de Lucio, somme sa fille de lui expliquer son attitude ; sinon, elle sera torturée et mise à mort. Vitellia reste stoïque. En colère, Tito la menace de la livrer, enchaînée, à la vindicte de la foule romaine. (9) Resté seul avec Vitellia, Lucio lui avoue son amour. Pour gagner un répit, elle le charge de dire à Tito qu’elle est prête à épouser Lucio, et que d’ici peu elle donnera à son père les explications demandées. (10) Seule, Vitellia se résout à avouer à son père qu’elle est éprise de Geminio.
Dans le camp des Latins
(11) Geminio (ténor) est partagé entre son désir de se battre et son amour pour Vitellia. (12) Lindo lui remet la lettre de Vitellia qui l’appelle au secours. Geminio hésite ; son hostilité pour les Romains l’emporte et il décide de rester avec ses troupes. Lindo se dit que l’amour conduit bien facilement à la mort. (13) Survient Manlio, escorté de cavaliers romains. Geminio et Manlio s’affrontent, mais Manlio se retient pour ne pas désobéir à son père. (14) Servilia arrive à point pour réconcilier provisoirement les deux hommes. Geminio charge même Servilia d’aller dire à Tito qu’il accepte de devenir romain si Tito le laisse épouser sa fille. (15) Après le départ de Servilia, Geminio se rend compte de sa faiblesse, revient sur sa promesse et provoque à nouveau Manlio. Celui-ci se résout à accepter le combat.

Acte II
Une salle dans le palais de Tito
(1) Lucio annonce à Tito que sa fille va venir lui expliquer les raisons de son attitude, et qu’il est lui-même amoureux de Vitellia. Mais Tito reste décidé à châtier la trahison de sa fille. (2) Vitellia arrive auprès de son père en même temps que Servilia. Celle-ci, qui a quitté le camp latin avant le combat entre Manlio et Geminio, annonce que le chef latin renonce à sa rébellion, qu’il désire épouser Vitellia et devenir citoyen romain. Tito s’en déclare enchanté, mais les espoirs de Lucio s’évanouissent. Tito renvoie Servilia pour donner son accord à Geminio. (3) Arrive Decio, annonçant le retour de Manlio. Tito va à sa rencontre, et le félicite. Manlio annonce qu’il a tué Geminio qui l’avait provoqué. Un soldat se présente, portant sur un plateau les armes ensanglantées de Geminio. Servilia et Vitellia s’évanouissent. On les emmène. (4) Tito reproche à son fils de lui avoir désobéi et lui annonce qu’il en sera puni. (5) Manlio, seul, regrette la peine qu’il a causée à Servilia.
Une cour
(6) Vitellia est décidée à venger Geminio en tuant Manlio. (7) Elle convainc Servilia de l’aider dans son projet. Lindo se dit que la fureur d’une femme est redoutable. dans son projet. (8) Manlio survient et subit les reproches des deux femmes, mais aucune des deux n’a le courage de le frapper. (9) Decio arrive avec un soldat portant une chaîne, pour enchaîner et emprisonner Manlio sur ordre de Tito. (10) Decio dit à Tito qu’il ne fait qu’exécuter les ordres. Survient Lucio, lisant une lettre. (11) Lucio décide de défendre celui qui a tué son rival.
Une salle du palais de Tito
(12) Tito ne peut se résoudre à la signer la condamnation de son fils. Puis il se décide et commence à rédiger la sentence de mort. (13) Decio vient, au nom de l’armée romaine, exiger la grâce de Manlio, en ajoutant des menaces. Tito refuse. (14) Servilia, venue plaider pour le jeune homme, n’est autorisée qu’à lui rendre visite dans sa prison. (15) Vitellia vient à son tour auprès de Tito, mais pour demander sa mort. (16) Tito appelle Lucio et le charge d’aller lire la sentence à Manlio, ajoutant qu’il recevra Vitellia, en récompense de sa fidélité. (17) Mais Vitellia détrompe Lucio en lui indiquant qu’elle restera fidèle au souvenir de Geminio. (18) Lucio décide de sauver Manlio.

Acte III
Cachot éclairé par un fanal
(1) Servilia est venue voir Manlio dans sa prison. Les deux amants s’enlacent. Manlio charge Servilia d’aller essayer d’obtenir de son père qu’il puisse se présenter devant lui. (2) Survient Lucio porteur de l’ordre d’exécution. Il révèle à Manlio que les Latins l’ont élu à la succession de Geminio ; son intention est de marcher sur Rome avec ses troupes pour délivrer Manlio. Celui-ci refuse, préférant la mort à une défaite romaine ; il souhaite toutefois revoir son père avant de mourir. (3) Servilia, qui a tout entendu, reproche à Manlio de ne pas se soucier de son amour.
Un jardin dans le palais de Tito
(4) Lindo prévient Vitellia que la foule romaine se réunit. Vitellia lui demande de se renseigner, précisant que l’exécution de Manlio est prévue pour le coucher du soleil. (5) Lucio rend compte à Vitellia de sa visite à Manlio. Elle se promet à lui s’il lui apporte la tête de Manlio tranchée. (6) Le jeune Latin est partagé entre son amour et l’horreur que lui inspire une telle cruauté.
Une salle dans le palais de Tito
(7) Tito accepte de recevoir son fils pour répondre aux prières de Servilia. (8) Manlio arrive enchaîné, et se prosterne devant son père. Quoique ému, celui-ci maintient la sentence. Manlio demande que Servilia ne soit pas exilée. Tito accepte, précisant même qu’il l’épousera. (9) Servilia reproche à Manlio son intervention. (10) Servilia, seule, se lamente.
Une rue en dehors de Rome
(11) Lindo rend compte à Vitellia que l’exécution de Manlio est proche. (12) Servilia se joint à eux pour voir arriver Manlio, conduit par des licteurs. (13) Le héros demande pardon à Servilia d’avoir tué son frère, déclare qu’il ne savait pas que sa soeur aimait Geminio, et conjure Lucio de ne pas combattre contre Rome. Attendrie, Vitellia tombe dans les bras de son frère. On entend les soldats et le peuple acclamer Manlio. (14) Une insurrection militaire, menée par Decio, vient libérer le prisonnier.


Autre quartier de Rome, baigné par le Tibre
(15) Decio exige que Tito et le Sénat romain comprennent que Manlio appartient à l’armée et ne saurait être condamné par le pouvoir civil. Tito se soumet, annule la sentence, et accepte qu’il épouse Servilia. Lucio vient comme ambassadeur des Latins reconnaître la suprématie de Rome, à condition toutefois qu’il puisse épouser Vitellia. Tito donne son consentement. Manlio est acclamé.

(livret Philips)


…quelle étrange histoire que celle de cet opéra commandé à Vivaldi par le Gouverneur de Mantoue ! Celui-ci demanda en effet à Vivaldi de composer un opéra pour les festivités de ses noces dans un délai de… cinq jours. Antonio Vivaldi s’exécute et compose Tito Manlio. Mais le mariage est annulé et l’opéra sera finalement créé pendant le carnaval ! Il n’en demeure pas moins qu’Antonio Vivaldi avait donné naissance en moins d’une semaine à un pur chef-d’oeuvre, qui plus est, l’une des plus luxuriantes partitions de son auteur, convoquant, outre un orchestre à cordes et une paire de timbales, pas moins de huit instruments solistes, du cor de chasse àla viole d’amour en passant par diverses formes de flûtes à bec! L’opéra est une succession d’airs plus luxuriants les uns que les autres. Ils épargnent à l’auditeur l’écueil du premier acte d’exposition lequel, dans le baroque et particulièrement chez Georg Friedrich Haendel, a tendance à traîner en longueur. Après un pétillant concerto introductif, où l’allégresse est brisée par une ineffable mélancolie, les récitatifs, brefs, font vite place aux affects de personnages brossés avec une force rare. Le livret, où entrent en conflagration la virtu, la clémence et la psychorigidité des Romains antiques, a offert à Antonio Vivaldi l’occasion de déployer une vaste palette amoureuse et politique. Il ne lésine guère sur les duos pimpants, d’une rare concision avec leur facture dansante, vraie rareté dans un genre prolixe en démonstrations grandiloquentes. La virtuosité vocale est bien sûr au rendez-vous (le « Se non v’aprite al di », avec cors ; le « Combata un gentil cor», avec trompette) et l’invention musicale déborde d’audace. En témoigne le prélude carcéral du dernier acte, joué aux cordes sourdes pareille intensité dans la douleur ne trouve un écho aussi fort, dans notre mémoire de lyricomanes qu’avec l’ultime acte du…Fidelio de Beethoven. loindes tracas vénitiens, on sent la plume du comcpositeur libérée, régénérée. Chaque air est un tube en puissance, le coeur étant conquis par deux amples pages pour instruments obligés : le hautbois dans « Non ti lusinghi tal crudeltate » et le violoncelle « Tu dormi in tante pene ». (Classica – février 2006)

Livret disponible sur : Rai – Radio 3  http://www.radio.rai.it/radio3/radio3_suite/archivio_2003/eventi/2003_11_15_tito_manlio/libretto.cfm

Représentations :

Ambronay, Abbatiale – 20 septembre 2013 – version inédite de 1720 – Concerto de’ Cavalieri – dir. Marcello Di Lisa – avec Vivica Genaux Manlio, Ann Hallenberg Servilia, Mari Eriksmoen Vitellia, Magnus Staveland Tito, Mary-Ellen Nesi Lucio

 

Vienne – Theater an der Wien – 17 octobre 2012 – version de concert – Accademia Bizantina – dir. Ottavio Dantone – avec Sergio Foresti (Tito), Maria Hinojosa Montenegro (Manlio), Marina De Liso (Servilia), Delphine Galou (Vitellia), Roberta Invernizzi (Lucio), Anicio Zorzi Giustiniani (Germinio), Milena Storti (Decio), Bruno Taddia (Lindo)

 

Schwetzingen – Rokokotheater – 14, 18 décembre 2008, 28 janvier, 8 février 2009 – dir. Michael Form – mise en scène Hendrik Müller – décors, costumes Claudia Doderer – dramaturgie Bernd Feuchtner – avec Yosemeh Adjej (Decio), Lucas Vanzelli (Geminio), Gabriel Urrutia Benet (Lindo), Jana Kurucová (Lucio), Mariana Flores (Manlio), Angela Kerrison (Servilia), Sebastian Geyer (Tito Manlio), Rosa Dominguez (Vitellia) – nouvelle production


Londres – Barbican Hall – 19 février 2008 – version de concert – Accademia Bizantina – dir. Ottavio Dantone – avec Carlo Lepore (Tito), Karina Gauvin (Manlio), Ann Hallenberg (Servilla), Sonia Prina (Vitelia), Roberta Invernizzi (Lucio), Marina de Liso (Decio), Mark Milhofer (Geminio), Christian Senn (Lindo)


Beaune – Cour des Hospices – 23e Festival d’Opéra Baroque – version de concert – 30 juillet 2005 – Accademia Bizantina – dir. Ottavio Dantone – avec Nicola Ulivieri (Tito), Ann Hallenberg (Servilia), Debora Beronesi (Lucio), Karina Gauvin (Tito Manlio), Marijana Mijanovic(Vitellia), Barbara di Castri (Decio), Mark Milhofer (Geminio), Christian Senn (Lindo)

 

Diapason – septembre 2005

« Trois heures de musique annoncées. En vérité, quatre heures d’enchantement pour clôturer le vingt-troisième Festival d’opéra baroque de Beaune, avec une des plus fastueuses partitions vivaldiennes. richement instrumentée et servie par un plateau vocal que l’on retrouvera dans un enregistrement à paraître cet automne (Naïve). Le Bajazet de Biondi nous a inculqué un fâcheux désir : celui de la perfection.
Le plateau initial de ce Tito Manlio tutoyait l’idéal. Si les sirènes haendéliennes n’avaient pas attiré Daniele De Niese à Glyndebourne, abandonnant in extremis le rôle de Lucio, si finement travaillé, à une Debora Beronesi calamiteuse, totalement étrangère aux passions du baroque vénitien, les éléments d’une soirée de rêve auraient presque été réunis, en dépit de petits Decio ou Geminio, déjà négligés par Vivaldi. Au côté de la basse bouffe Christian Senn, crédible en Lindo, Nicola Ulivieri campe un Tito hiératique. Technique solide, vocalises contrôlées, jolies couleurs, mais trop peu de caractère pour rivaliser avec le trio d’enfer qui embrasait la basilique pour le seconde fois, après l’Alcina d’entrée de festival : immense Vitellia de Marijana Mijanovic, habitée, palpitante de démesure, présence hypnotisante au charme fou ; éblouissante Servilia d’Ann Hallenberg, onctueuse, souple et d’une insolente facilité ; délicieux Manlio enfin, de Karina Gauvin, émission parfaite, sonorité pleine et vocalisation audacieuse. Lien subtil de ce mets gargantuesque, le délicat Ottavio Dantone, un rien distancié, distillait les subtiles couleurs de son Accademia Bizantina. »

Le Monde de la Musique – septembre 2005

« Réunie à Beaune quelques jours après l’enregistrement (Naïve) à Ravenne, une valeureuse équipe ranime le feu de la haine opposant Romains et Latins dans Tito Manlio. Ce Roméo et Juliette développe sous le faste instrumental les conceptions dramatiques originales de Vivaldi plus favorables à l’action qu’aux plaintes. Si Ottavio Dantone aurait pu davantage souligner les contrastes, son Accademia Bizantina et la majorité des chanteurs assurent le spectacle. Si Debora Beronesi (Lucio) et Barbara di Castri (Decio) sont un peu à la peine, les autres solistes réalisent de mémorables compositions. Nicola Ulvieri restitue de son imposante présence la détermination de Tito Manlio. Tiraillé entre l’autorité de son consul de père et son amour pour la Latine Servilia (frémissante Ann Hallenberg), le Manlio de Karina Gauvin se consume de douleur et de passion juvénile. Marijana Mijanovic prête à Vitellia, fille de Tito, éprise du capitaine des latins son étonnant timbre d’alto androgyne. Christian Senn donne au rôle secondaire de Lindo un relief inattendu. »

Festival Opera Barga – Teatro dei Diferenti – 18, 20, 21 juillet 2003 – Modo Antiquo – dir. Federico Maria Sardelli – mise en scène Alessio Pizzech – décors Michele Ricciarini – costumes Sandra Trauttmansdorff – lumières Gianni Pollini – avec Sergio Foresti (Tito), Elisabeth Scholl (Manlio), Lucia Sciannimanico (Servilia), Rosa Dominguez, (Vitellia), Nicky Kennedy (Lucio), Thierry Grégoire (Decio), Davide Livermore (Geminio), Bruno Taddia (Lindo)


Tito Manlio à Barga

Venise – septembre 2000 – version de concert – Venice Baroque Orchestra – dir. Andrea Marcon – avec Lorenzo Regazzo (Tito Manlio / Lindo), Sara Mingardo (Servilia / Vitellia), Cristiana Presutti (Lucio), Roberto Balconi (Decio), Beatrice Hunley-Lowe (Manlio), Lorenzo Arruga (Narratore) – version réduite avec narrateur

 

Milan – Piccola Scala – 16 février 1979 – dir. Vittorio Negri – avec Gian-Carlo Luccardi (Tito Manlio), Ezio di Cesare, Helga Muller-Molinari, Carmen Gonzales, Antonio Savastano, Margaret Marshall (Lucio), Nella Vereri, Enrico Fissore

Tito Manlio