Il Faramondo

Penthée

COMPOSITEUR Philippe II d’ORLÉANS
LIBRETTISTE Charles-Auguste de La Fare

 

DATE DIRECTION EDITEUR NOMBRE LANGUE FICHE DETAILLEE
1975 Blauer Diamant 1 (LP) français

 

Opéra en cinq actes, sur un livret du marquis de La Fare (*), d’après le troisième Livre des Métamorphoses d’Ovide, représenté dans la grande salle (ou les appartements) du Palais Royal, le 16 juillet 1705, en présence du Roi. Il est probable que des répétitions ou des représentations privées avaient eu lieu dès 1703, notamment le 21 octobre.

(*) Charles-Auguste de La Fare, comte de Laugères, baron de Balasuc, né en 1644, mort en 1712, capitaine aux gardes de Philippe d’Orléans, poète, réputé pour ses liaisons avec Mme de Sablières et avec la Champmeslé, et pour sa vie épicurienne et paresseuse. Son fils Philippe Charles fut maréchal de France.

On suppose que C. H. Gervais collabora à la composition. On raconte que Campra, interrogé par le Régent, lui répondit : « la musique bonne, mais les vers ne sont pas du même prix ». Le Régent confia à La Fare : « Parles à Campra en particulier, il trouvera les vers bons et la musique mauvaise. Sais-tu à quoi il faut s’en tenir ? C’est que le tout ne vaut rien ».

Penthée fut peut-être redonné le 8 mai 1706 devant le Dauphin et la princesse de Conti.

Le manuscrit fut conservé dans la bibliothèque d’Antoine-René de Voyer d’Argenson de Paulmy, puis à la Bibliothèque de l’Arsenal (*). Ce dernier indiqua sur le manuscrit que Le Duc d’Orléans n’avait permis ni représentation publique ni impression.

Antoine-René de Voyer d'Argenson

(*) Antoine-René de Voyer d’Argenson (1722 – 1787), ambassadeur puis ministre de la Guerre, académicien en 1748. En 1785, il vendit au comte d’Artois sa bibliothèque composée de cent mille volumes, qui devint la Bibliothèque de l’Arsenal.

 

La légende de Penthée : second roi de Thèbes, Penthée eut un régne très court car il se brouilla avec Dionysos. Il refusa de reconnaitre sa divinité et le jeta en prison. Pour se venger, Dyonisos attira Penthée sur le Mont Cithéron où se trouvaient les Ménades. Penthée les épia car ils les soupçonnait de mauvaise conduites. Mais les femmes de sa famille se trouvaient mélées au Ménades. Et lorsqu’elles l’aperçurent, prise d’un délire bacchique, elles le prirent pour un lion et se jetèrent sur lui pour le tuer. Les femmes furent exilées de Thèbes.

 

Personnages : Cadmus, roi de Thèbes (basse) ; Penthée, son petit-fils, héritier du trône (basse) ; bacchus (haute-contre) ; Thirésie, devin (taille) ; Arbas, confident de Penthée (taille) ; Erigone, promise à Penthée (taille) ; Agave, mère de Penthée (dessus) ; Vénus (dessus) ; Ino (dessus)

 

Synopsis

Prologue

Silène et Vénus louent les bienfaits de Bacchus et du dieu Amour. Apollon met fin à la discorde et propose aux belligérants de consacrer leurs chants à l’histoire de Penthée, qui fut immolé pour avoir offensé la gloire de Bacchus.

Acte I

Penthée est le fils d’Agave, elle-même fille de Cadmus, roi de Thèbes. On prépare son mariage avec Erigone, fille d’Icarius, un des premiers rois de Thèbes. Cadmus et Agave sont très favorables à cet hymen qui affermit leur famille sur le trône, mais Erigone ne s’y soumet que par intérêt et par devoir. Elle reviendrait volontiers à ses premières amours pour Bacchus, que l’on croit mort. Penthée, un faible prêt à tout sacrifier pour sa belle, n’en a pas conscience et se remet au discours trompeur de celle-ci. L’union Penthée-Erigone commence mal, mais le héros ne le sait pas encore. Le peuple et Cadmus s’avancent et participent aux réjouissances quant l’oracle Thirésie vient annoncer que les dieux ne sont pas favorables à cette union. Penthée rejette cet arrêt brutalement, provoquant la fureur céleste.

Acte II

Une scène marine débute le second acte. Ino avoue aimer un inconnu (qui s’avérera être Bacchus), puis se confie imprudemment à Erigone par un récit digne d’une tragédie. La réplique Moi ? Non, je vous plains provoque la jalousie d’Ino. C’est alors que Bacchus, un fort et un fier qui se repose sur sa naissance divine, débarque en ce lieu désert pour y chercher son amante. Les deux amoureux se retrouvent, mais Erigone craint pour la vie de ce fils de Sémélé (une des sœurs d’Agave) que tous croient disparu: Bacchus est mortel et son retour est indésiré des Thébains et d’Agave, car il peut légitimement prétendre au trône de Thèbes. Erigone le protégera en flattant celui qu’elle s’apprêtait à épouser par dépit. Ino, qui cachée assiste à toute la scène, jure de se venger de sa rivale.

Acte III

Penthée est préoccupé par la réticence d’Erigone qui souhaite retarder le mariage en invoquant la colère des dieux. Il devine peu à peu l’existence d’un rival qu’il jure de tuer avant la fin du jour. C’est alors qu’Agave lui apprend que le peuple se rassemble sur la tombe de Sémélé : Bacchus revient des Indes en vainqueur. Agave s’épouvante à l’idée que le peuple puisse se partager entre les deux prétendants au trône. Au même instant, Ino lui confirme qu’Erigone en aime un autre. Penthée se venge de son rival et interdit le culte rendu à Bacchus. Ce dernier apaise la fureur d’Agave, et par ses enchantements la ramène à lui. L’acte s’achève par un tremblement de terre qu détruit le palais de Penthée.

Acte IV

Bacchus s’est livré aux mains de Penthée afin de lui apprendre qu’il est le fils de Jupiter, et que tous deux feraien mieux de trouver un compromis. Penthée, aveuglé par sa jalousie, ne veut rien entendre et se prépare à punir l’audacieux. Erigone s’interpose et s’offre au courroux du héros pour sauver celui qu’elle aime. Bacchus, chargé de chaînes, est emprisonné dans une tour ou il partage le sort lamentable des autres prisonniers Mais brusquement, à l’étonnement général, Bacchus se libère lui-même et publie ainsi sa divinité. Il annonce alors sa vengeance prochaine. Penthée, par un dernier sursaut de courage, promet de le resaisir. Toutefois à la vue de sa fin prochaine, il s’arrête et, ne sachant plus où aller, s’enfuit sur le mont Cithéron rejoindre sa mère.

Acte V

L’acte V est entièrement consacré au culte de Bacchus (qui ne réapparaît pas sur le théâtre), auquel participent et Cadmus et le peuple. Agave se réjouit d’avoir vaincu un jeune lion grâce aux pouvoirs de Bacchus qui ‘donne de la force aux bras les plus débiles’. Cadmus lui fait alors voir qu’elle a en fait tué son fils Penthée, faisant basculer la liesse générale dans l’horreur : Bacchus s’est vengé. Ino se considère comme la seule coupable pour avoir éveillé les jalousies, tandis qu’Agave se précipite dans les flots afin d’y trouver ‘la mort et le repos’.

(d’après « Un mécène musicien : Philippe d’Orléans » – Jean-Paul Montagnier)

 

 

Représentations :

 

Raio France – 23 décembre 1980 – concert public – réalisation Antoine et Elisabeth Saglier-Duhamel – Orchestre Philharmonique, Choeurs de Radio-France – dir. Bruno Amaducci – avec Anna Schaer (Agave).