Théagène et Chariclée

COMPOSITEUR Henry DESMAREST
LIBRETTISTE Joseph-François Duché de Vancy


Tragédie en musique en un prologue et cinq actes, dédiée au Roi, sur un livret de Joseph-François Duché de Vancy (1668 – 1704), d’après Les Ethiopiques (*), roman d’Héliodore d’Emèse (vers 390 ap. J.-C.), représentée, sans succès, à l’Académie royale de musique, le 12 avril 1695.
(*) Alexandre Hardy avait, en 1601, réduit l’histoire d’Héliodore en huit poèmes dramatiques, sous le titre Théagène et Chariclée, le tout comportant plus de douze mille vers.

La distribution réunissait : Dumesny (Théagène), Fanchon Moreau (?) (Chariclée ?), Mlle le Rochois (Arsace), Mlle Desmatins (Thétis), Mlle Guiart.

Dans ses lettres à l’abbé Dubos, Louis Ladvocat évoque l’opéra à de nombreuses reprises :

lettre du 5 septembre 1694 : J’ai entendu lire l’opéra de Théagène et Chariclée, où il manque deux actes. Le canevas m’en parut extrêmement intrigué et je crus qu’il (Duché) aurait peine à le développer avec toute la netteté qu’il est nécessaire dans un sujet d’aussi peu d’étendue que l’est un opéra dont les expressions sont coupées par le, peu d’étendue que laisse le chant pour s’exprimer. Cependant, dans les vers qu’il nous lut, nous trouvâmes qu’il nous avait extrêmement satisfaits. Il y a de l’héroïque et du surprenant par la diversité des incidents vraisemblables qui se contrastent si bien les uns avec les autres qu’ils surprennent agréablement l’esprit de l’auditeur par leur nouveauté et les dénouements ingénieux qui est d’autant plus agréable que l’on l’avait le moins prévu. Desmarets en a fait le premier air qui répond parfaitement à la noblesse du sujet qui est grave et sérieux.
lettre du 11 octobre 1694 : L’air de Théagène m’a été chanté par Desmarets en présence de Mr Fossin.
lettre du 9 décembre 1694 : Le sieur Duché n’était pas présent à cette répétition, ni Desmarets, qui esprèrent bien que Théagène et Chariclée, dont on a donné mardi les rôles, aura ses approbateurs, et dont, peut-être, ni vous ni moi ne serons, quand nous verrons la première représentation.
lettre du 3 janvier 1695 : Mr Duché a fini son cinquième acte de Théagène : an bene ?
lettre du 13 janvier 1695 : Le dernier acte de Théagène est fait. On le repolit à ce qu’on dit. Le dénouement s’en fait par un portrait attaché au bras de Chariclée. Hydaspe connaît sa fille et Anubis lui commande de la donner à Théagène, qui est cet étranger qu’Hydaspe redoutait pour le moins autant que la perte de son royaume. Si un signe et un dieu dénouent mieux que la catastrophe tirée d’un sujet où il y aurait et reconnaissance et péripétie malheureuse, videant judices.
lettre du jeudi 27 janvier 1695 : Monseigneur vint dimanche à Persée. Jamais je n’ai vu tant de monde. Il se soutient fort bien, et le monde y serait plus nombreux si le froid et le mauvais temppss ne s’y opposaient pas. On a répété les choeurs et airs de Théagène. On commence à souhaiter que Persée occupe le théâtre jusques à la mi-carême, et en ce temps-là, on fera en sorte de le continuer jusques à la semaine de la Passion et qu’on ait tout le temps nécessaire pour les habits, les décorations et des répétitions moins précipitées que par le passé.
lettre du 17 février 1695 : Le rôle d’Arsace que Mlle Rochechouais (Le Rochois) veut chanter s’est trouvé à son gré trop long et je vous dirai simplement qu’il me paraît irrétranchable, à moins que de supprimer le peu de sentiments nécessaires qui s’y doivent régulièrement rencontrer. La catastrophe est corrigée. Le grand sacrificateur, prêt à immoler Chariclée qui élève les bras au ciel pour implorer son secours, découvre un portrait de sa mère, qui est reconnu pour celui que son père lui avait attaché au bras. Au même instant, le tonnerre, les éclairs annoncent la venue d’Osiris qui lui confirme qu’il ne se trompe pas, que Chariclée est sa fille que les dieux ont promise à Théagène qui doit lui succéder. Hydaspe veut remercier Arsace de lui avoir amené Chariclée. Elle se tue de désespoir de n’avoir pu être aimée de Théagène et d’avoir accusé faussement Chariclée du meurtre de Thisbé, qu’elle avoue à Hydaspe avoir commis. Vous votez que la reconnaissance est tirée du sujet, mais par un portrait. Ce n’est pas la plus noble reconnaissance, mais elle vaut mieux que celle d’une machine, et pour Théagène, il faut assurément Osiris pour contracter le mariage avec Théagène.
lettre du 26 février 1695 : Je crois, quoique l’on dise, que l’on ne jouera qu’après Pâques Théagène. On fait ce que l’on peut pour le faire tomber, et quand l’on répétera La Mort d’Armide (de Colasse), la faction contraire emploiera son crédit pour la faire décrier.
lettre du 10 mars 1695 : Je vous dirai, Monsieur, que Théagène est absolument remis pour après Pâques et dans toutes les répétitions, il durait sans le prologue trois heures, ce qui nous a obligé à retrancher, avec Monsieur de Franchinne, non pas ce que nous aurions voulu, mais ce que Desmarest et Duché ont bien voulu souffrir qui fût ôté avec bien de la peine. Vous vous formalisez du temple du Styx et de sa personnalité. Vous pouvez y joindre Hécate, qui sera habillée de blanc avec un croissant sur la tête du dessin du mythologiste Berin, qui ne sait pas que dans le ciel on priait la lune, qu’on invoquait Diane sur la terre et dans les enfers Hécate, que quelques-uns confondaient avec Proserpine(…) Il n’est permis qu’au Sr Duché de se servir de quatre oracles, de quatre divinités, des Ombres de toute l’Egypte et de tous les diables de l’enfer pour faire épouser Théagène à Chariclée. En un mot, Monsieur, il est de la science d’un bon poète de bien préparer ses incidents et ne les point précipiter, et je pense que vous aurez peu vu de poèmes dramatiques où une passion amoureuse de deux rivales, dont l’une devient jalouse au point d’invoquer le Styx au deuxième acte, qui loin de lui donner quelque espérance, a peine à répondre pendant deux actes. Au quatrième, Thétis donne une épée à Théagène, que les diables d’Arsace et de Méroèbe qu’il n’est nullement nécessaire qu’il soit magicien pour être brave et général d’armée éthiopique, lui avaient ôtée, et que la déesse Thétis lui rend pour tuer Méroèbe. Et qu’Arsace ensuite se moque de la protection de Thétis et décrète d’un décret de prise de corps Théagène et Chariclée, qu’elle fait exécuter par des diables de nautoniers qui les remettent ès prisons d’Ethiopie, à qui Osiris donne des lettres de rémission et, sur l’appel interjeté par Thétis et autres dieux célestes pour avoir attenté sur la supériorité de Thétis, condamne Arsace à se poignarder, après avoir assisté aux fiançailles de son amant avec sa rivale. Il faudra cependant que vous et moi, nous applaudissions aux premières représentations qui s’en feront et que nous oublions Aristote, Horace, etc.; et que nous paraissions plus badauds et plus provinciaux que nous ne sommes.
lettre du 16 avril 1695 : Il aurait été difficile, Monsieur, de vous écrire plus tôt, puisqu’après une répétition générale avec les machines, il dura trois grosses heures et demie, et pour ajouter au malheur d’une brigue peu judicieuse, on en refit une lundi, où l’on convint de faire quelques retranchements dont les auteurs n’avaient pu souffrir, un mois auparavant, la seule proposition. Enfin, on le représenta mardi. On fut surpris au prologue des décorations qui dans la pièce assez belles, aussi bien que les habits qui y sont bien imaginés et nouveaux dans leurs dessins. Les machines sont bien exécutées, à l’exception d’un poisson, sur lequel était perchée Mlle Desmatins, et la gueule de l’enfer, qui a été ingénieusement supprimée, aussi bien que les momies que l’on avait fourrées dans des pieds d’estaux de certaines pyramides qui occupaient le milieu du théâtre et en s’ouvrant, représentaient des figures illuminées, que plusieurs jeunes femmes avaient peur de se mettre dans l’imagination. Mlle Guiart y trembla beaucoup et y chanta assez mal. Le reste des chanteurs exécutèrent assez bien leurs rôles, hormis Dumesnil qui oublia d’ôter son épée au cinquième acte, où on doit le sacrifier à Osiris. Chariclée n’était pas enchaînée. Joignez à toutes ces fautes l’ignorance des spectateurs, occupés de la magnificence et par conséquent peu attentifs aux vers ni au sujet, mais fort disposés au bruit, car les sifflets n’y sont pas si communs qu’ailleurs et l’imagination d’une longueur qui n’y était pourtant pas, pusiqu’il ne dura que deux heures trois quarts, persuada à plusieurs personnes de croire qu’elles s’y étaient ennuyées. Enfin, à la deuxième représentation, on la raccourcit et réforme tous les manquements que l’on y avait remarqués.

Il reste cependant une ignorance de la fable dans la plupart de ceux qui n’avaient point de livre, et ceux qui en avaient et qui avaient lu le roman, ils ont cru faire une critique admirable de dire que l’histoire du roman y devait être mieux représentée. D’autres se sont étonnés de la hardiesse à faire descendre Méroèbe, Arsace aux enfers, que cette permission n’avait été accordée qu’à peu de personnes d’une valeur et d’un mérite des plus distingués, Ulysse, Énée, Hercule, etc. Les vers en ont été trouvés bons par Capistron, Longepierre et quelques autres véritables connaisseurs qui, étonnés aussi bien que Duché du peu de connaissance des véritables fautes qui pouvaient s’y rencontrer, se trouveraient l’avenir peu disposés à vouloir s’exposer aux critiques de juges aussi peu instruits des véritables maximes de la Dramatique. Il y en a même de si préoccupész de vouloir censurer que sans avoir lu que Méroèbe avait conquis une partie de l’Égypte, ils ont fort doctoralement censuré les pyramides, qu’ils ont prétendu n’avoir jamais été en Éthiopie.
Pour surcroît de malheur, Dumesnil se trouva malade à la deuxième représentation. Elles ont néanmoins produit 2 800 livres. On verra ce qu’ils diront dimanche, où l’on espère que Monseigneur sera. On dit tout haut sur l’amphithéâtre qu’à la dixième fois qu’on y aurait, on le trouverait plus beau, qu’il fallait attendre ce temps-là pour pouvoir en disstinguer toutes les beautés. Je le souhaite, mais j’appréhende bien que l’ennui du parterre ne vienne du peu de nouveauté qu’on peut fournir à l’humeur inquiète des Français. Tous les dieux et les diables y ont paru. Il est présentement difficile de leur donner un caractère de nouveauté qui puisse plaire. On se persuade que la musique est imitée ou prise de Lulli. On croit que les vers et les caractères sont moins naturels que ceux qu’on a voulu copier de Quinaut. ?On souhaiterait autre chose que des sacrifices, des magiciens, des palais, des temples. Les enchantements etc. ne sauraient être plus beaux qu’à dix ou douze des précédents opéras, et c’est la raison pour laquelle dans un ballet du retour des plaisirs, chanté et dansé cette année à Saint-Malo, dont la musique a été composée par le Sr le Batteux, maître de musique de la cathédrale, le poète, dont le Mercure galant du mois de mars 1695 ne dit point, s’est contenté de faire dire à Neptune :
Thésée
Partez, allez, souffles impétueux,
Le Dieu de la mer vous l’ordonne.
Que rien ne trouble ici les plaisirs et les jeux.
Éloignez ce qui les étonne.
Portez aux ennemis de ce rivage heureux
Tout ce que vous avez d’affreux.

– lettre du 5 mai 1695 : Je vous dirai que Théagène se maintient. Au reste, vous vous souviendrez, s’il vous plaît, que la diablerie aurait pu être supprimée entièrement de cet opéra et si Scaliger y avaitn assisté, il n’aurait pas pprouvé qu’Arsace descendît aux enfers pour savoir sa rivale.
lettre du 1er juin 1695 : on continuera Théagène jusques à vendredi de la semaine prochaine, pour donner ensuite Acis et Galathée que l’on commença hier de répéter…
lettre du 11 juin 1695 : Enfin Théagène expira mardi, et le public assista en très petit nombre à ses funérailles. Je suis supris qu’après toutes nos scolies sur Théagène, vous ayez encore imaginé qu’ils ne se rencontrent après une longue séparation que pour aller aux enfers, où le public ne s’attend pas qu’ils apparussent aller dans les véritables maximes, et pour se voir immoler aux yeux les uns des autres sans les préparations nécessaires à de pareils spectacles.

La partition fut éditée par Ballard en version réduite.
Les représentations s’arrêtèrent le 7 juin, de nombreuses scènes de magie étant très critiquées. Bérain, qui avait succédé à Vigarani en 1680 comme décorateur de l’Opéra, signa là une de ses réalisations les plus contestées.
Il n’y eut pas de reprise.

Des nombreux personnages qui figurent dans la pièce de Hardy et dans le roman d’Héliodore, l’auteur n’a conservé qu’Hydaspe, roi d’Éthiopie, Arsace, Thisbé, Théagène et Chariclée, encore a-t -il changé les rôles d’Arsace et de Thisbé ; car cette dernière, morte dès le milieu de la tragédie, ressuscite ici pour devenir l’amie de Chariclée, et la suivante d’Arsace, qui, de son côté, d’épouse d’Orondate, devient la sœur du roi de Perse, la maîtresse d’Hydaspe, et de plus une célèbre magicienne. Cet auteur, pour échauffer un peu son sujet, y a introduit un prince éthiopien nommé Méroèbe, rival de Théagène, et magicien fameux. Enfin, s’il faut juger d’un opéra par le spectacle , il en est peu qu’on puisse comparer à celui-ci ; car il y fait figurer les divinités du ciel et de l’enfer, de la Grèce et de l’Egypte, la statue d’Osiris et même le Styx, le Cocyte et le Phlégéthon , des chœurs de magiciens et de magiciennes, les ombres des anciens mages, des démons volants, chantants, dansants , etc. (Annales dramatiques – 1812)


« Théagène et Chariclée, 34me Opéra. C’est une Trag. en 5 Ac. de Duché, mise en musique par Desmarest, représentée pour la premiere fois le 3 Février 1695, & qui est imprimée sans symphonies, partition in-4°. Jupiter, Apollon, Pan & l’Amour forment le Prologue. On n’a jamais repris cet Opéra. » (de Léris)

« Chariclée est la fille d’un roi d’Éthiopie, éloignée par sa mère parce qu’elle est née blanche, et emmenée en Égypte, d’où un prêtre d’Apollon la conduit à Delphes. Devenue prêtresse d’Artémis, elle inspire, dans une cérémonie des jeux Pythiques, une vive passion au jeune Thessalien Théagène, et consent à le suivre sur un vaisseau phénicien qui part pour l’Égypte. Les deux amants sont pris par des pirates, et séparés l’un de l’autre ; après avoir été au pouvoir de plusieurs maîtres, et exposés dans leur vertu, dans leur vie même, à une foule de dangers en Égypte, ils se retrouvent miraculeusement : une guerre les fait tomber entre les mains du roi d’Éthiopie; c’est alors seulement que s’expliquent les mystères de la destinée de Chariclée, et qu’elle est solennellement unie à Théagène. »

Synopsis détaillé
Acte I
Au palais d’Hidaspes, roi d’Ethiopie
Sc. 1 – Chariclée se lamente à l’idée de ne plus revoir Théagène.
Sc. 2 – Tisbé, amie de Chariclée, lui annonce que l’Egypte va être vaincue. Chariclée craint d’avoir à répondre aux avances de Méroèbe, prince éthiopien, et de subir les pressions d’Arsace, soeur du roi de Perse.
Sc. 3 – Méroèbe paraît en vainqueur, suivi d’un captif.
Sc. 4 – Chariclée est stupéfait de reconnaître Théagène. Les deux amants sont éperdus du bonheur de se retrouver. Puis ils se reprennent à l’approche d’Arsace.
Sc. 5 – Arsace rassure Théagène sur son sort.
Sc. 6 – Arsace confie à Chariclée qu’elle fera son possible pour sauver Théagène de l’immolation promise aux captifs, après être tombée amoureuse de lui. Chariclée a du mal à cacher son trouble.
Sc. 7 – Restée seule, Arsace prend conscience que Chariclée est sa rivale. On entend un bruit de victoire annonçant l’arrivée du roi.
Sc. 8 – Le roi Hidaspes vient remercier Arsace d’avoir aidé à la victoire par ses pouvoirs surnaturels. Les guerriers éthiopiens dansent.
Acte II
Une vaste campagne couverte de plusieurs tombeaux
Sc. 1 – Arsace seule se livre au désespoir.
Sc. 2 – Tisbé vient lui apprendre qu’Osiris a annoncé au roi qu’il retrouverait sa fille. Arsace se plaint de l’indifférence que Théagène lui manifeste.
Sc. 3 – Arsace presse Théagène de l’épouser pour échapper à la mort. Théagène refuse, clamant qu’il ne craint pas la mort. Chariclée le presse d’accepter. Arsace accuse Théagène de nourrir un amour pour une rivale, et le menace de se venger sur elle.
Sc. 4 – Arsace fait part à Méroèbe de ses soupçons et lui propose de consulter les Démons aux Enfers. La nuit se répand sur le théâtre.
Sc. 5 – Des Magiciens effectuent des cérémonies magiques, pendant que Arsace et Méroèbe invoquent les divinités infernales. Les tombeaux s’ouvrent, & les Ombres qui paraissent s’unissent aux magiciens pour favoriser Arsace & Meroèbe. Hécate apparaît dans un tourbillon de nuages. Un chariot de feu, conduit par des Démons, sort de dessous terre.
Sc. 6 – Hécate se déclare prête à aider Arsace et Méroèbe. Arsace et Meroèbe montent dans le char, et y font entrer Chariclée et Tisbé avec lesquelles ils descendent sur les bords infernaux. Les Ombres rentrent dans leurs tombeaux, et les magiciens se retirent.
Acte III
Un Temple consacré au Dieu du Fleuve Stix. Il est percé par le fond, et laisse voir les ondes de ce Fleuve, à l’autre bord duquel on aperçoit les Champs Elysées, et l’Enfer dans l’éloignement.
Sc. 1 – Chariclée, seule, se lamente. Arrivent Arsace, Méroèbe et Tisbé. Méroèbe menace Chariclée de se venger sur Théagène. Arsace commande aux Démons de faire venir Théagène.
Sc. 2 – Hécate, le Cocyte et le Phlégéton invoquent le Styx.
Sc. 3 – Les Divinités infernales apparaissent, auxquels se joignent les Ombres heureuses. Le Diezu du Styx sort des ondes.
Sc. 4 – Le Styx avertit Arsace et Méroèbe que leur vengeance pourrait se retourner contre eux. Puis il rentre dans ses ondes. Hécate, le Cocyte le Phlegeton, les Divinités infernales et les Ombres heureuses se retirent. Quatre Démons apportent Théagène endormi. Méroèbe s’éloigne à l’écart.
Sc. 5 – Arsace intime à Chariclée de rester silencieuse. Elle touche de sa baguette Théagène qui se réveille. Elle lui révèle qu’elle connait son amour pour Chariclée, mais que celle-ci en aime un autre. Théagène ne comprend pas l’attitude de Chariclée. Arsace se découvre et laisse libre cours à sa vengeance. Elle invite Méroèbe à se saisir de Chariclée. Elle est enlevée par Méroèbe et les Démons.
Sc. 6 – Théagène crie sa haine à Arsace. Arsace le confie aux Démons qui le conduisent où Meroèbe a enlevé Chariclée. Arsace et Tisbé partent, et prennent le même chemin.
Acte IV
Un port de mer. Des cabanes de pêcheurs sur le devant. Deux grottes voisines l’une de l’autre sur le bord de la mer. Des rochers escarpés dans l’éloignement.
Sc. 1 – Théagène, fou de douleur, est prêt à se donner la mort, quand une divinité sort de l’eau dans un concert.
Sc. 2 – Thétis, déesse des mers, mère de Théagène, invite ce dernier à se battre et lui confie une épée. Elle disparaît dans la mer, pendant que Théagène part chercher son rival.
Sc. 3 – Tisbé ne peut calmer le désir de vengeance d’Arsace.
Sc. 4 – Arsace rencontre Méroèbe qui, pris de pitié, a laissé Chariclée seule dans une grotte. Tisbé va dans la grotte, à dessein d’avertir Chariclée du danger qui la menace. Arsace va chercher Chariclée à dessein de remplir sa vangeance. Elle entre dans la grotte où est entrée Tisbé.
Sc. 5 – Survient Théagène. Ils se battent.
Sc. 6 – Leur combat est interrompu par Arsace qui sort de la grotte, et annonce qu’elle a tué Chariclée. Elle jette le poignard aux pieds de Théagène.
Sc. 7 – Chariclée sort de la grotte, créant la surprise. Théagène l’invite à partir pour la Grèce, mais Méroèbe s’interpose. Leur combat reprend. Chariclée les suit.
Sc. 8 – Arsace retourne à la grotte et comprend qu’elle a tué Tisbé au lieu de Chariclée. De son côté Méroèbe meurt sous les coups de Théagène. Arsace, abattue, invoque les démons et leur ordonne de prendre l’aspect de nautonniers pour tromper les amants en fuite.
Sc. 9 – Un vaisseau paraît sur la mer. Théagène et Chariclée se dirigent vers lui. Ils croisent des nautonniers et assistent à leurs danses.
Sc. 10 – Danse de matelots et matelotes. Deux Démons déguisés en matelots proposent aux deux amants de les mener en Grèce. Théagène et Chariclée vont jusqu’au vaisseau, qui disparaît. Des feux souterrains les épouvantent. Les Démons leur annonce qu’ils vont être livrés à Arsace.
Acte V
Le temple d’Osiris, avec la statue du dieu au milieu
Sc. 1 – Chariclée, seule, se lamente.
Sc. 2 – Théagène survient. Chariclée le presse d’accepter les avances d’Arsace. Théagène refuse.
Sc. 3 – Le roi Hidaspes fait savoir qu’il livre les amants à la mort. Le Grand Sacrificateur les dédie au dieu Osiris. Après avoir conduit Chariclée aux pieds de la statue du dieu, il lève le couteau sacré pour frapper quand Hidaspes aperçoit au bras de Chariclée le portrait de la reine. Il arrête le le Grand Sacrificateur qui remet le couteau sacré sur l’autel. Le roi explique qu’il fit éloigner sa fille à cause d’un oracle qui prédisait qu’un étranger règnerait, après lui avoir attaché le portrait de la reine. Il décide de laisser son trône à Théagène, et de l’unir à Chariclée. Arsace avoue être avoir tué Tisbé à la place de Chariclée, et se frappe avec le couteau sacré qu’elle prend sur l’autel. On l’emporte.
Sc. 4 – On prépare l’hyménée. Le Peuple marque sa joie par des danses.

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