La Sincerita trionfante (La Sincérité triomphante ou la Hardiesse d’Hercule)

COMPOSITEUR Angelo CECCHINI
LIBRETTISTE Ottaviano Castelli

 

Favola boscareccia ou pastorale, en cinq actes précédés d’un anti-prologue et d’un prologue, sur un livret d’Ottaviano Castelli, mise en musique par Angelo Cecchini en novembre 1638.

Elle fut commanditée par François-Annibal d’Estrées, marquis de Coeuvres, maréchal de France, ambassadeur extraordinaire auprès du Saint-Siège, à l’occasion de la naissance (5 septembre 1638) du Dauphin, futur Louis XIV, et représentée dans son palais à Rome.

Participèrent également à la préparation de la manifestation, le cardinal Antonio Barberini, chargé par Louis XIII en 1633 de représenter les intérêts français à Rome, et Mazarin, vice-légat auprès de ce dernier.

Ottaviano Castelli (1602 – 1642) était écrivain, peintre et musicien, proche des Barberini. Le livret est inspiré de Diodore de Sicile.

L’exécution de l’ouvrage fut précédée d’un grand nombre de pièces de vers destinées à célébrer cet heureux événement, et, parmi ces pièces de vers, il en est en arabe, en syriaque, en chaldéen ««en hébreu, en persan, en arménien, en turc, en irlandais, en esclavon, en copte, en éthiopien, etc.; le tout imprimé avec les caractères de chaque idiome. Nous pouvons signaler aussi des morceaux en péruvien, en canadien, en dialecte du Congo, en japonais, en illyrien, en hongrois, C en écossais, eu polonais, en patois gascon, en patois provençal, en provençal, etc. Mentionnons encore une assez longue pièce de vers grecs de Léon Allalius, et dix vers latins de Gabriel Naudé.

Le peintre Giovanni Francesco Grimaldi (1606-1680) réalisa des décors très appréciés. La dernière scène, figurant l’Île de la Cité en liesse, fut reprise par Giacomo Torelli pour la représentation de la Finta Pazza en décembre 1645 au Petit Bourbon.

La partition est malheureusement perdue.

 

Argument :

Hercule Libyque, après avoir vengé la mort de son père Osiris par celle de Tiplion qui l’avait assassiné quoi qu’il fut son frère, pour envahir le royaume, partit de Libye pour la conquête des pommes d’or et pour combattre les Geryons conjurés contre Osiris.

Sur son voyage, il arriva à l’Ile de la Cité et l’endroit lui plut tellement qu’il y batit pour le rafraîchissement de ses gens quantités de maisons qui s’estant incontinent accrues formèrent une ville qui fut aussitôt nommée Pari du nom de quelqu’un de sa troupe.

Au même moment, Celtes, roi de Gaule, meurt qui ne laisse qu’une fille, Galatée, qui par la loi de l’état ne pouvait lui succéder d’ou une âpre lutte entre plusieurs princes voisins.

Hercule, amoureux, se maria avec Galatée. Mariage d’ou naquit Galaté, vrai héritier des vertus de son père et qui se rendit maître de tout l’Occident grâce à son alliance avec Les Cimbres et les Cinériens. (le Mercure françois)

 

Les contemporains ne manquèrent pas de décrypter le livret : grâce à Ardire (Richelieu), Simulazione (L’Hérésie) est vaincue, et Erculeo (Louis XIII) peut s’unir à Sincerità (la France). De cette union naît le Dauphin, qui scelle l’unité et l’avenir de la dynastie et de la politique menée par Richelieu.

 

Pour en savoir plus :

Opéra Passion : un excellent dossier de Jérôme Pesqué

http://site.operadatabase.com.site.hmt-pro.com/modules.php?name=Content&pa=showpage&pid=82