Muzio Scevola

Mutio Scevola - livret - 1665

COMPOSITEUR Francesco CAVALLI
LIBRETTISTE Niccolo Minato

 

Dramma per musica, sur un livret en trois actes de Niccolo Minato, représenté au S. Salvatore de Venise, le 26 janvier 1665.

Le livret, dédicacé All’Ill.Mo Et Ecc.Mo Sig.Re Filippo Giuliano Mazarini Mancini, Duca Di Nivers, E Donziois, Pari di Francia, Cavalliere Commendatore de gl’Ordini del Rè Christianissimo, Luogotenente de’ Gran Moschettieri del Rè, Governatore, Luogotenente per S.M. de’ sudetti Paesi. Governator della Rocella, Bruage, Isola dei Rè, e Paese d’Aulnis (*), fut édité en 1665 à Venise par Giuliani. Il comporte, outre une Epître dédicatoire, un Avis au Lecteur, un Argument, une liste des personnages, une liste des décors, des machines, et des ballets (**).

(*) Philippe Jules Mancini (1641-1707), neveu de Mazarin, duc de Nevers et Donziois, Pair de France, Chevalier commandeur des ordres du Roi très chrétien, Lieutenant des Grands Mousquetaires du Roi, Gouverneur et lieutenant pour Sa Majesté des pays susdits, Gouverneur de La Rochelle, Brouage, l’île de Ré et le pays d’Aunis, etc.

(**) tous ces textes peuvent être retrouvés en traduction française (par Alain Duc) sur livretsbaroques.fr

 

Reprise à Bologne en 1667.

Le manuscrit conservé à la Biblioteca Marciana de Venise dans la Collection Contarini.

Dans sa Drammaturgia, l’opéra fut attribué par Leone Allacci à Antonio Draghi.

 

Personnages : Muzio Scevola (Mucius Scévola), ténor ; Oratio Cocle (Horatius Coclès), soprano ; Laerte Porsenna (Laërte Porsenna), roi d’Étrurie (ténor) ; Publicola, consul des Romains (basse) ; Melvio (Melvius), Romain (contralto) ; Tarquinio Superbo (Tarquin le Superbe), roi des Romains chassé de Rome (basse) ; Valeria (Valérie), fille de Publicola (soprano) ; Elisa (Élise), épouse d’Orazio (soprano) ; Vitellia, leur petite fille (soprano) ; Ismeno (Ismène), capitaine de Porsenna (basse) ; Clodio (Clodius), chevalier romain (contralto) ; Floro (Florius), chevalier romain (soprano) ; Porfiria, vielille nourrice de Valeria (contralto) ; Milo (Milon), serviteur d’Orazio et Elisa (contralto) ; Publio (Publius), un capitaine de Porsenna, tué par Mucius (ténor) ; La Statua di Giano (Statue de Janus) (basse) ; Due Vestali (deux Vestales); Pallade (Pallas) (soprano) ; Venere (Vénus) ; Cavallieri, Soldati e Paggi di Porsenna (Cavaliers, Soldats et Pages de Porsenna), Paggi di Mutio Scevola (Pages de Mucius), Soldati e Paggi di Publicola (Soldats et Pages de Publicola), Soldati di Tarquinio (Soldats de Tarquin), Soldati d’Ismeno (Soldats d’Ismène), Damigelle de Valeria (Suivantes de Valérie), Paggi d’Oratio (Pages d’Horatius), Paggi di Clodio e di Varo (Pages de Clodius et de Florus), Servi, Schiavi (Serviteurs et esclaves)

 

La scène se passe pour partie à Rome, pour partie en Trastevere, près de la Toscane.

Machines : figures armées qui combattent sur un nuage de feu ; Pallas sur un nuage s’agrandissant jusqu’à occuper une grande partie de la scène ; Vénus sur un nuage ; petits amours qui dansent puis volent dans les airs.

Les actes I et II s’achèvent par un ballet : Ballo di Otto Statue che mosse da Spiriti partono dal sito dove circondavono la Statua di Iano per ornamento, e doppo il Ballo ritornano al loro luoco (Le Statue partono dal loro sito: fanno un ballo; gettando fiamme dalla bocca, e poi tornano al luoco di prima.), et Ballo di Otto Seguaci di Pallade che escono da una Nube, e di Sei Amorinni in Aria (Otto Seguaci di Pallade usciti dalla sua nube formano il ballo in Terra: e 6. Amorinni ballano in aria) (*)

(*) 1. Huit statues, déplacées par des esprits de l’emplacement où elles entouraient à titre ornemental la statue de Janus, et qui retournent à leur place après le ballet. 2. Huit desservants de Pallas, qui sortent d’un nuage, et six petits Amours dans l’air.

 

Synopsis

Acte I

Sc. I : Horatius Coclès défend le pont Sublicius ; le pont coupé, il saute dans le Tibre.

Sc. II à IV : sur le Forum, Clodius et Florus déplorent la captivité de Valérie. On célèbre l’héroïsme d’Horatius, qui déplore la captivité de son épouse Élise. Mucius, lui aussi épris de Valérie, veut aller tuer Porsenna.

Sc. V à IX : dans le camp étrusque, Élise déplore sa captivité. Le général Ismène présente les captives à Porsenna, qui est séduit par Valérie et donne Élise à Ismène. Valérie refuse de laisser le moindre espoir au roi, qui lui accorde néanmoins un régime de faveur, et lui laisse sa vieille nourrice Porfiria.

Sc. X à XIII : toujours dans le camp étrusque, Clodius et Florus, arrivés secrètement, se disputent l’amour de Valérie. Horatius, arrivé secrètement avec son esclave Milon, écoute les plaintes de son épouse, mais doit se cacher. Élise présente Milon à Ismène comme un entremetteur ; elle rejette les désirs d’Ismène, qui la menace de mauvais traitements.

Sc. XIV à XVI : Porfiria suggère à Valérie de donner des espoirs à Porsenna. Valérie fait passer Clodius et Florus auprès de Porsenna pour deux soldats qui se disputent du butin. Porsenna, devant la résistance de Valérie, la menace de mauvais traitements.

Sc. XVII : Milon prend Porfiria pour une momie, et décline ses avances.

Sc. XVIII-XIX : Mucius, arrivé secrètement, est surpris avec Valérie par Tarquin ; il se fait passer pour un transfuge, se rendant ainsi odieux à Valérie. Puis, croyant poignarder Porsenna, il tue en fait son général Publius.

Sc. XX : à Rome, on ouvre le temple de Janus (qui n’était ouvert qu’en temps de guerre, – et qui, du coup, ne fut fermé que deux fois dans toute l’histoire de Rome). Suit un ballet de statues, présentées par Janus comme des esprits infernaux.

Acte II

Sc. I-II : Valérie essaie en vain de ne plus aimer Mucius, qu’elle prend pour un traître. Clodius et Florus continuent à lui faire la cour, en vain ; Porfiria tente sa chance avec Clodius, qui la repousse.

Sc. III à VI : Élise travaille la terre. Horatius survenu avec Milon se cache à l’arrivée d’Ismène. Il peut se féliciter de la résistance d’Élise. Ismène menace de tuer la petite Vitellia. Quand Horatius revient, Élise est partie.

Sc. VII à X : Mucius comparaît devant Porsenna ; le roi offre la vie de Mucius à Valérie en échange de son amour. Mucius se brûle la main pour se punir de son erreur, et Valérie comprend qu’elle s’était méprise sur son compte. Porsenna impressionné propose la paix, mais à condition d’épouser Valérie. Mucius déchiré fait passer d’abord l’intérêt de la patrie, ce que Valérie n’apprécie pas.

Sc. XI-XII : Tarquin est outré que Porsenna l’abandonne, surtout pour cause d’amour. Ismène menace à nouveau d’égorger Vitellia pour obtenir les faveurs d’Élise.

Sc. XIII à XV : au bord du Tibre, Valérie cherche à s’enfuir. Florus lui donne son cheval, sur lequel elle traverse le fleuve. Porfiria se voit reprocher par Porsenna la fuite de Valérie.

Sc. XVI à XVIII : à Rome, au Capitole, cérémonie en l’honneur de Vesta et Pallas. Mucius montre sa main brûlée et annonce la paix, conditionnée par le mariage de Valérie, qu’approuve son père, le consul Publicola.Survient Valérie évadée, que son père décide de renvoyer à Porsenna, sous la conduite de Mucius. Vénus et Pallas célèbrent la paix et l’amour ; suit un ballet de prêtres et d’amours.

Acte III

Sc. I-II : Porsenna est toujours amoureux, ce que lui reproche Tarquin. Clodius et Florus comparaissent devant lui pour avoir aidé Valérie.

Sc. III-IV : Ismène ‘ qui n’a pas égorgé Vitellia ‘ entraîne de force Élise en coulisse et ferme la porte.

Sc. V : Milon couvre de sarcasmes Porfiria enchaînée ; elle déplore le poids des ans.

Sc. VI : Élise, qui a visiblement été violée, n’ose plus regarder en face Horatius, qui s’inquiète.

Sc. VII à IX : Valérie et Mucius sont désespérés. Porsenna veut que Mucius reconduise Valérie à Rome pour aller l’y épouser.

Sc. X-XI : Élise se procure des somnifères et invite Ismène à faire préparer un repas pour préluder à leurs ébats.

Sc. XII : Mucius reste partagé entre son patriotisme et son amour pour Valérie.

Sc. XIII à XVI : Élise refuse de rentrer à Rome avec Horatius : quelque chose la retient. Son mari, fou de jalousie, veut la tuer. Porsenna survenant, Élise invente : Horatius est un soldat étrusque qui refuse de lui vendre l’épée de son mari. Elle obtient cette épée sur intervention du roi. Tarquin et Porsenna se brouillent définitivement.

Sc. XVII : Élise enivre Ismène et l’entraîne dans la chambre. Elle en ressort très vite pendant que Vitellia s’inquiétait.

Sc. XVIII à XX : à Rome, Valérie s’est résignée à épouser Porsenna ; mais quand celui-ci voit qu’elle et Mucius pleurent, il comprend tout, et renonce à toute prétention. Horatius arrive furieux de ne pas voir Élise avec les autres prisonniers libérés ; mais elle survient et jette à ses pieds la tête d’Ismène. Tout est pardonné, réjouissances générales. (A. D.)

 

Livret en français disponible sur livretsbaroques.fr

 

Livret original :

http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0004/bsb00048102/images/index.html

http://www.urfm.braidense.it/rd/00526.pdf (Milan – Biblioteca Nazionale Braidense)