Ipermestra (Hypermestre) par Francesco CAVALLI

COMPOSITEUR Francesco CAVALLI
LIBRETTISTE Giovanni Andrea Moniglia

 

Della presa d’Argo e de gli amori di Linceo con Hipermestra, festa teatrale en trois parties, sur un livret de Giovanni Andrea Moniglia(*), représentée par le sérénissime prince cardinal Gio. Carlo de Toscane pour célébrer la naissance du prince royal d’Espagne
(*) Giovanni Andrea Moniglia, né et mort à Florence (1624 – 1700) – Professeur de médecine à l’Université de Pise, auteur dramatique et librettiste (notamment deux livrets pour Jacopo Melani), membre de l’Accademia della Crusca et de l’Accademia dell’Arcadia (sous le pseudonyme Nadilio Aronzio).

Elle fut commandée par le cardinal Giovanni Carlo (*), frère du grand-duc de Toscane Ferdinand II, pour célébrer la naissance de l’infant – Felipe Próspero (**) – fils de Philippe IV, roi d’Espagne et de Marie-Anne d’Autriche.
(*) Giovanni Carlo (1611 – 1663), fils de Cosimo II de’ Medici, chevalier de Jérusalemn, prieur de Pise, cardinal en 1644, évêque de Sabine en 1645

(**) né le 20 novembre 1657, l’infant devait mourir en bas-âge, le 1er novembre 1661.

Elle connut sa première représentation à Florence, au Teatro degli Immobili, Via della Pergola (*), le 18 juin 1658, avec des machines et décors de Ferdinando Tacca (*), ainsi que quatre-vingt-quatorze cavaliers dirigés par le marquis Salviati pour une scène de siège.
(*) Ferdinando Tacca, fils de Pietro Tacca, auquel il succéda en 1642, né et mort à Florence (1619 – 1686), sculpteur et scénographe.

Selon l’article Moniglia de Marco Catucci, Dizionario biografico degli Italiani, Encicl. Treccani, « L’œuvre eut une gestation assez longue, puisque déjà dans une lettre datée du 13 janvier 1650 (en réalité, 1651), le cardinal Jean-Charles de Médicis avait demandé l’aide de son frère Mattias pour préparer la représentation. En juillet 1654, Francesco Cavalli accepta de composer la musique, après avoir reçu le livret fourni par Moniglia ; il renvoya la partition en automne. En octobre 1654, pendant les répétitions de l’opéra, le cardinal eut un malaise, dont il se remit ; mais à la fin de l’année, il fut appelé à Rome pour le conclave et la représentation fut renvoyée. Enfin, en mars 1658, Cavalli fut chargé d’écrire la musique pour le nouveau prologue écrit par Moniglia pour la naissance de l’infant d’Espagne. »
La représentation a donné lieu à un compte rendu incluant le livret et rédigé par le prieur Orazio Ricasoli Rucellai, Descrizione della presa d’Argo e degli amori di Linceo con Hipermestra (Florence, 1658). Selon ce récit, c’est le cardinal lui-même qui aurait choisi le sujet. Pour résumer l’introduction, la solidité et la félicité des États supposent une continuité dans le lignage de leurs princes ; et plus les États sont vastes, plus la fertilité des monarques est importante. Celle qu’on peut voir chez les Habsbourg montre bien la main de la Providence divine. C’est pourquoi le cardinal Giovanni Carlo [de Medici], pour fêter dignement la naissance de l’infant Philippe d’Espagne, a d’abord décidé d’offrir une démonstration de combats équestres.

« Pour donner un motif à cette démonstration, il fallait une invention poétique, qui fut commandée par S.A. au docteur G. A. Moniglia, esprit des plus vifs, auquel les Muses ont donné non seulement le charme et la séduction, mais aussi une veine fluidissime et une grande rapidité de composition, ce que requérait précisément l’impatiente volonté du prince cardinal. Le même commanditaire voulut qu’on choisît quelque fable ou histoire grave et héroïque, qui symbolisât en réduction l’Envie du Destin et des Astres qui s’ingéniait à rompre le fil d’une si glorieuse propagation, mais était vaincue par la Providence du Ciel ; le poète comprit parfaitement les intentions de S.A. et trouva comme thème adéquat la guerre et la prise d’Argos, se souvenant des éloges que faisait Aristote(*) d’une œuvre composée sur ce sujet par Théodecte, aujourd’hui perdue. »
(*) Poétique, 1452 a, 1455 b.

« Dès que la composition de ce drame fut terminée, il fut transmis en toute diligence au sig. Francesco Cavallo [sic] à Venise, afin qu’avec l’art de son harmonieux contrepoint, il fît passer dans le cœur des autres les sentiments les plus tendres et le plus passionnés, et les mieux adaptés à l’expression des paroles et aux événements poétiques ; et lui qui est aujourd’hui réputé le premier compositeur d’Italie, particulièrement dans le style dramatique, envoya en retour, avec une incroyable rapidité, une composition d’une telle douceur et suavité de style que, alors qu’au dire de chacun, il avait déjà remporté la palme sur les maîtres les plus éminents, on peut dire que cette fois, il s’est surpassé lui-même. »
Le nom de certains chanteurs est connu : Vincenzio Piccini tenait le rôle de Giove, Paolo Ricconi ceux de Ninfa di Venere, Una delle Ore, Una della Deita di Giove, A. Michele ceux de Discordia, Uno de’ Ciclopi, Una delle Nereidi, Fra Gio Francesco della Nunziata ceux de Gelosia, Uno de’ Ciclopi, P. Carlo Mariotti celui de Uno de’ Ciclopi, Bastianino ceux de Ninfa di Venere, Una delle Deita di Giove, Una dell’Ore, et Busai ceux de Vulcano, Una della deita di Giove.
(*) le Teatro della Pergola, construit par Ferdinand Tacca, ouvert deux auparavant, était le théâtre privé du Grand-Duc.




Des personnages de la cour apportèrent leur contribution : Stefano della Bella dessina les costumes créés par Vincenzo Giraldi, Annibal Dovara, Gio Rucellai et Carlo Taddei. Le marquis Tommaso Guidoni et le baron Carlo Ventura del Nero inventèrent les ballets. Le marquis Filippo Niccolini, maître de chambre du cardinal, le marquis Gio Batista del Monte, son écuyer principal, Pietro Strozzi et Filippo Franceschi choisirent les voix et les instrumentistes.
Le prieur Orazio Rucellai Ricasoli (*)(1604 – 1673) en fit une description ornée de gravures de Silvio degli Alli.
(*) Orazio Rucellai Ricasoli, homme de lettres florentin (1604 – 1673), était académicien de la Crusca sous le pseudonyme l’Imperfetto. Auteur de Dialogues.

Orazio Rucellai (par Antonio Montauti)
Reprise à Gênes en 1669, à Pise en 1680.
Le livret fut édité le 12 juin 1658 par l’imprimerie ducale, dédié All’Illustriss. et Eccellent Sig. mio, Sig. e Patron Colendiss. Il Signor Don Luigi de Aro Conte d’Olivares, etc. E primo Ministro di Stato, e Cavallerizzo Maggiore di Sua Maestà (*). Il comprend, outre le texte intégral, la description de Rucellai. On en trouve de nombreux exemplaires (Theatermuseum de Munich, Biblioteca Nazionale Braidense de Milan, Biblioteca Marucelliana de Florence, Museo Civico de Padoue, Museo Civico Correr de Venise, Bibliothèque de l’Arsenal de Paris, Biblioteca Universitaria de Bologne, Publi Library de New York, Library of Congresse de Washington). Il fut réédité en 1660.
Ipermestra - frontispice du livret
(*) Luis Méndez de Haro y Sotomayor, Comte de Olivares (1598-1661) était le Premier ministre et le favori de Philippe IV. Il était le neveu et successeur du Comte-Duc Don Gasparo de Guzman, principal ministre espagnol de 1621 à 1643. Il fut le principal négociateur du Traité des Pyrénées (1659) face à Mazarin.

Il existe aussi des livrets avec description, mais sans gravures, des livrets sans description, mais avec gravures, des livrets sans gravures ni description, et des livrets insérés dans un volume.
Un livret, édité par Carl’Antonio Peri en 1658, fait référence à des représentations à Florence et à Bologne : Hipermestra. Festa teatrale rappresentata dal sereniss. principe Cardinale Gio. Carlo di Toscana per celebrare il giorno natalizio del Real Principe di Spagna. In Firenze, et in Bologna, per Carl’Antonio Peri, 1658.
Le manuscrit est conservé à la Biblioteca Marciana de Venise dans la Collection Contarini. Riccardo Nielsen fut le premier à le consulter en mars 1951.

« Opéra fastueux, très richement mis en scène. Il fut commandé par le cardinal Jean de Médicis pour célébrer la naissance d’un fils de Philippe IV d’Espagne. Il connut un grand succès. »(Dictionnaire chronologique des opéras – Le Livre de Poche)

Argument
« Hypermestre est la fille aînée de Danaos, roi d’Argos. Lorsqu’elle et ses soeurs furent mariées à leurs cinquante cousins, les fils d’Egyptos, Hypermnestre fut la seule à désobéir à son père qui leur avait ordonné de tuer leur mari. Elle aida Lyncée à s’échapper, et, pour cet acte, son père voulut la châtier. Mais Egyptos admit plus tard leur mariage, et Lyncée finit par venger ses frères assassinés en tuant Danaos et ses quarante-neuf belles-soeurs. Il s’empara du trône d’Argos et fut remplacé par son fils, Abas, né d’Hypermnestre. »

Faits antérieurs
Deux frères, fils de l’antique roi Bélos, vivaient en Égypte : le trône devait revenir à l’aîné, nommé Danaos ; mais Égyptos – tel était le nom de l’autre – s’appuyant sur les forces du peuple, réussit à le chasser et à monter sur le trône à sa place. Danaos en fuite put parvenir à Argos, ville de Grèce, au moment où, suite à la mort de Sthénélos, son fils unique Gélanor devait être proclamé roi ; mais les Argiens ne l’approuvèrent pas et offrirent la couronne à Danaos comme s’il appartenait à la lignée d’Inachus1 ; avec lui, la dynastie des Inachides finit de régner en Argos, et celle des Danaïdes commença. Par la suite, Égyptos se réconcilia avec Danaos, et Lyncée, un des fils d’Égyptos, étant venu à Argos dans son âge le plus tendre, s’enflamma pour Élisa, une dame plus chère que toutes les autres à Hypermestre, l’aînée des filles de Danaos. Cet amour cessa rapidement, car Lyncée s’éprit d’Hypermestre, qui, répondant à sa passion, lui fit perdre tout souvenir de la précédente.
Lyncée revenu en Égypte, un nouveau motif ranima les flammes de la haine qu’éprouvait Égyptos pour Danaos ; pour ravager la Grèce, il fit marcher une puissante armée sous les enseignes de ses propres fils. En ce même temps, Danaos avait appris d’un oracle que le trône et la vie devaient lui être ôtés par la main d’un neveu, fils de son frère ; aussi, avec ce secret, vivait-il dans la peur et l’angoisse, ne sachant, vu leur grand nombre, duquel il devait se défier : en effet, les fils d’Égyptos étaient cinquante, tout comme étaient cinquante les filles de Danaos.
Les troupes égyptiennes étant parvenues à Lyrcéion, lieu peu éloigné de la cité d’Argos, l’avisé Danaos crut pouvoir apaiser tout le tumulte de la guerre et se soustraire à la funeste prophétie en unissant trompeusement par les liens du mariage chacun de ses neveux avec une de ses filles ; et, par ce biais, il réussit effectivement à obtenir la paix. Les fils d’Égyptos laissèrent leur armée à Lyrcéion et se rendirent à Argos pour y célébrer les cérémonies de ces royaux hyménées, particulièrement agréables à Lyncée puisqu’ils mettaient en sa possession cette Hypermestre pour qui il soupirait. Seul Arbas, favori de Danaos, était tourmenté par ces noces : étant amoureux d’Hypermestre, bien qu’il eût promis le mariage à Élisa, il voyait désormais ses espérances rendues vaines.
L’action commence en ce jour de fête prévu au palais d’Argos pour toutes ces noces.
L’auteur proteste que les mots Destin, divinité et autres semblables, qui se trouvent dans toutes les compositions dramatiques du présent volume, ne sont prononcés que comme ornements poétiques ; il écrit selon l’usage, il croit selon son devoir.

Personnages
Danaos (Danao), roi des Argiens ; Hypermestre (Ipermestra), fille de Danaos ; Élisa (Elisa), dame favorite d’Hypermestre ; Arbas (Arbante), favori de Danaos ; Arsace (Arsace), un des capitaines de l’armée argienne ; Bérénice (Berenice), vieille nourrice d’Hypermestre ; Alindos (Alindo), valet d’Arbas ; Lyncée (Linceo), fils du roi d’Égypte ; Delmire (Delmiro), général des armées d’Égypte, sous les ordres de Lyncée ; Chœur de soldats égyptiens ; Le Soleil ; Chœur des heures du matin ; Vénus ; Chœur de Néréides ; Jupiter ; Chœur de divinités ; Junon ; Amour ; Chœur d’Amours ; Vulcain ; Chœur de cyclopes ; La Discorde ; La Jalousie ; Chœur de jardiniers et jardinières dans les jardins de Chypre.
Tessitures : Hipermestra, Venere, Elisa, Giunone (sopranos) ; Berenice (alto) ; Alindo, Vafrino, Linceo (haute-contre) ; Arbante, Delmiro (ténors) ; Giove (baryton) ; Danao, Vulcano (basses).

Synopsis (*)

Prologue
Le Soleil va commencer sa course pour éclairer un jour de fête à Florence, où le cardinal Gian Carlo de’ Medici célèbre la naissance de l’infant Philippe d’Espagne, nouveau soleil du monde. Vénus et le soleil rivalisent d’éloges et de prédictions flatteuses pour le nouveau-né. Vénus passe ensuite sur la mer pour aborder en Toscane et annonce le drame : l’histoire de Danaos et de ses filles.
Acte I
Sc. I : Lyncée et Hypermestre attendent avec impatience la nuit de leurs noces.
Sc. II à IV : Arbas fait savoir par un monologue qu’il brûle pour Hypermestre, puis l’avoue à Élisa, son précédent amour, qui le vit mal.
Sc. V-VI : Bérénice, la vieille nourrice d’Élisa, comprend bien que les cinquante mariages annoncés rendent celle-ci jalouse ; elle-même n’y échappe pas.
Sc. VII-VIII : le roi Danaos révèle à Hypermestre que, selon un oracle, les fils de son frère Égyptos doivent le faire périr ; et c’est pour les exterminer qu’il les a trompeusement unis à ses filles, lesquelles vont tuer leurs maris le soir des noces. Hypermestre est la dernière à être informée ; elle résiste, mais finit par s’y engager. Elle reste partagée entre l’amour filial et l’amour conjugal.
Sc. IX-X : Lyncée attend avec impatience sa nuit de noces. Son valet Vafrin essaie de le raisonner : au bout d’un certain temps, le mariage lasse, et on est heureux d’être loin de son épouse.
Sc. XI : Lyncée s’inquiète de voir Hypermestre assombrie. Elle lui révèle sa «mission» et l’invite à fuir, car tous ses frères sont déjà morts. Lyncée part en lui laissant son portrait.
Sc. XII à XV : Hypermestre se lamente. Danaos vient s’assurer que Lyncée est bien mort. Hypermestre avoue qu’elle l’a laissé fuir. Danaos annonce des représailles. Bérénice fait l’éloge de la compassion.
Sc. XVI-XVII : Vénus triomphe, elle s’est vengée de la lignée d’Égyptos ; mais elle reproche à Amour d’avoir empêché sa victoire totale en laissant Hypermestre sauver Lyncée. Pour se rattraper, Amour convoque la Discorde et la Jalousie, qui devront brouiller les deux amoureux pour aboutir à un massacre général et à la ruine d’Argos.
Acte II
Sc. I : Élisa vient trouver Hypermestre dans son cachot, et lui annonce que Lyncée s’est échappé. Elles se lamentent ensemble ; Élisa se dit la plus malheureuse, puisque Hypermestre, elle, est aimée. Hypermestre lui annonce qu’Arbas lui a fait sa déclaration.
Sc. II à IV : Bérénice conseille à Hypermestre d’être plus complaisante avec Arbas, qui peut être utile. Hypermestre indignée se confie au portrait de Lyncée, qu’Arbas lui arrache, avant de lui annoncer que Lyncée marche contre Argos.
Sc. V-VI : Élisa fait sortir Arbas du cachot d’Hypermestre, et le menace de révéler ses turpitudes à Danaos ; mais quand Danaos est là, elle se ravise : elle aime encore Arbas.
Sc. VII à X : Danaos envoie Arbas négocier avec Lyncée, puis reproche sa trahison à Hypermestre, toujours prise entre deux feux.
Sc. XI-XII : Hypermestre envoie Élisa demander la paix à Lyncée. Bérénice, chargée de l’escorter, trouve ce choix imprudent : Élisa pourrait plaire à Lyncée.
Sc. XIII à XV : chez Vulcain, les cyclopes forgent des flèches pour Cupidon, lequel explique à son père qu’il doit atteindre Lyncée et lui inspirer des ardeurs extra-conjugales, pour donner la victoire à Vénus contre Junon. Vulcain déplore la froideur de son épouse.
Sc. XVI : Arsace décrit à Arbas les troupes de Lyncée. Arbas va faire courir le bruit qu’Hypermestre a trouvé un autre mari, escomptant que, n’étant plus amoureux, Lyncée n’aura plus envie de faire la guerre.
Sc. XVII à XIX : Alindus, sur instructions d’Arbas, informe Vafrin du nouveau mariage d’Hypermestre. Vafrin en tire un couplet misogyne.
Sc. XX à XXII : Delmire décrit à Lyncée la belle ordonnance des troupes qui vont se livrer à une démonstration spectaculaire. Lyncée veut charger Vafrin d’une mission concernant Hypermestre ; Vafrin lui révèle ce qu’il vient d’apprendre : Hypermestre est infidèle. Lyncée n’y croit pas, mais le perfide Arbas confirme avec force détails, et, pour preuve, lui remet son portrait, prétendant qu’Hypermestre lui en a donné l’ordre. Lyncée fou de douleur n’aspire plus qu’à la guerre ; le calcul d’Arbas tombe donc à plat.
Sc. XXIII : long monologue (47 vers) de Lyncée, hésitant entre plusieurs attitudes, mais s’en prenant essentiellement à Hypermestre.
Sc. XXIV-XXV : alors qu’Élisa présente ses respects à Lyncée, Amour tire une flèche sur ce dernier, qui s’éprend immédiatement d’elle, avant de partir au combat en espérant tuer Hypermestre.
Sc. XXVI : dans la ville en feu, Danaos livre un dernier combat.
S’ensuit la démonstration de combat équestre, entre trois escadrons de Lyncée, chacun de quatorze cavaliers, et un escadron de Danaos, de dix-neuf.
Acte III
Sc. I : Junon ne capitule pas, et annonce que Lyncée et Hypermestre se retrouveront, malgré Vénus.
Sc. II : Hypermestre, enfermée dans sa tour, demande à Delmire de la tuer, puis, devant son refus, de la livrer à Lyncée. Delmire l’invite à plus de sagesse.
Sc. III-IV : Élisa rend compte de sa mission et va emmener Hypermestre rencontrer Lyncée.
Sc. V : Arbas est bourrelé de remords.
Sc. VI : Lyncée cherche Hypermestre ; Delmire insinue qu’elle est peut-être déjà morte.
Sc. VII à X : en présence d’Élisa, Lyncée sent renaître son ancienne flamme pour elle et le lui déclare sans ambages. Bien que Bérénice l’incite à profiter d’une offre aussi inespérée, Élisa explose et reproche à Lyncée son inconstance et son ingratitude envers celle qui lui a sauvé la vie. Lyncée est ébranlé. Bérénice est scandalisée par le manque de réalisme des jeunes filles actuelles.
Sc. XI-XII : dans un monologue de 53 vers, Hypermestre se lamente sur son sort et sur les horreurs de la guerre, puis elle se jette du haut de sa tour ; mais le paon de Junon la rattrape au vol.
Sc. XIII-XIV : Vafrin ne retrouve pas Hypermestre là où elle aurait dû tomber. Il chante ensuite les folies de l’amour.
Sc. XV : Hypermestre se retrouve face à Lyncée et dément tout ce dont on l’a accusée. Lyncée est troublé.
Sc. XVI-XVII : Arbas avoue toutes ses turpitudes et réclame la mort. Lyncée est maintenant convaincu de la fidélité d’Hypermestre. Sur l’intervention de celle-ci, il pardonne à Arbas, qui revient à Élisa, et deux heureux couples se reforment.
Sc. XVIII à XX : Vénus s’avoue vaincue par Junon ; elle compte encore sur la Discorde et la Jalousie pour semer la zizanie parmi les dieux, mais Jupiter les précipite en enfer ; et Amour admet son échec, car l’union de Lyncée et Hypermestre était voulue par le Destin. Jupiter prophétise ensuite : Danaos aura comme descendants Persée et Hercule ; mais si Hercule a fixé les limites du monde avec les colonnes qui portent son nom, les rois d’Espagne, eux, les franchiront et découvriront de nouveaux mondes ; et le nouveau-né Philippe sera certainement un nouvel Hercule. Dieux, Amours et nymphes chantent et dansent.
(*) par Alain Duc

 

Livret en français disponible sur livretsbaroques.fr
Livret en italien, extrait des Delle poesie dramatiche di Giovann’Andrea Moniglia, Accademico della Crusca, Parte prima. Florence, 1689 – page IX
Pour en savoir plus

Un Opéra de Francesco Cavalli pour la Cour de Florence : L’Hipermestra – Yans Geneviève – Universita degli studi di Bologna – 1979


Représentations :

Utrecht Holland Festival Oude Muziek – 24, 26, 28 août 2006 – La Sfera Armoniosa – dir. Mike Fentross – mise en scène Wim Trompert – costumes Mirjam Pater – lumières Uri Rapaport – avec Elena Monti (Ipermestra), Gaële Le Roi (Elisa), Emanuela Galli (Linceo), Marcel Beekman (Berenice), Fabian Schofrin (Delmiro), Mark Tucker (Arbante), Sergio Foresti (Danao)




enregistrement audio – 3 CD – Premiereopera Italy